Princesses en ce miroir déformant

TENDANCE Plusieurs spectacles très différents mettent en scène des héroïnes de contes de fées...

Benjamin Chapon

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L. MESZ / 20 MINUTES

Un jour, leurs princes viendront. En attendant, les princesses sont omniprésentes dans moult spectacles de fin d'année. Pas ringardes pour un sou, les jolies robes et les histoires à l'eau de rose (bonbon) font toujours recette. Preuve en sera donnée, à partir de mecredi au Zénith de Paris, avec «Rêves de princesses»*, un spectacle de Disney sur glace.

Aux antipodes de cette vision classique, voire conformiste, le spectacle «Princesses», donné ce week-end au palais de Chaillot, à Paris, proposait l'interprétation, par douze chorégraphes contemporains, de la figure de la princesse. Christian Bourigault, Carolyn Carlson, Héla Fattoumi ou encore Jean Gaudin ont inventé des princesses transgenres, maltraitées et violentes, souvent au seuil de la folie et au comble de la solitude. L'une raconte sa mort violente à l'oreille d'un cerf. Une autre quitte sa robe de pénitent andalou pour dévoiler des jambières faites de poupées Barbie...

Alors que les spectacles Disney en mettent plein les yeux et les oreilles aux enfants jusqu'à 8 ans, avec force musique, décors et costumes, celui de Chaillot conduit plutôt les jeunes spectateurs dans les jupes réconfortantes de leurs mamans. «Une princesse, c'est magique, alors c'est normal que ça fait peur», postule Arianne, 10 ans. «La princesse, là, elle avait du poil aux pattes», pouffe Henri, 11 ans. A l'instar de leurs parents, les enfants ont vécu ce spectacle exigeant et déroutant comme une épreuve. Avec une certitude: n'en déplaise à Disney, les princesses sont plus ambivalentes que les sorcières. Et c'est bien ce qui inspire les créateurs.

* Jusqu'à la mi-février, en tournée à Nantes, Lyon, Toulouse, Marseille...