Affaire NDiaye/Raoult: les politiques s'emparent de la polémique

REACTIONS Alors que Frédéric Mitterrand a refusé de prendre partie, jeudi matin, de nombreuses personnalités de gauche et de droite réagissent...

Sandrine Cochard avec agence

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  — LYDIE/SIPA

En s’attaquant à la lauréate du Goncourt 2009 Marie NDiaye, le député UMP Eric Raoult a lancé une polémique dans laquelle s’engouffrent de nombreuses personnalités politiques, jeudi. Car si le ministre de la Culture et de la Communication, Frédéric Mitterrand, a refusé de prendre partie, des voix s’élèvent à gauche pour contester la sortie d’Eric Raoult.
 
«République des fayots»
 
«Je crois quand même que la liberté d'expression des écrivains est un bien très précieux (...) Heureusement qu'ils ont cette liberté d'expression», a déclaré Ségolène Royal sur RMC et BFM-TV. «On lui reproche, je crois, d'avoir tenu des propos désobligeants à l'égard de Nicolas Sarkozy. C'est quand même un comble. Je crois que dans une démocratie il doit être possible quand même de critiquer le pouvoir en place», a ajouté la présidente de la région Poitou-Charentes.
 
Pour l’eurodéputé d'Europe Ecologie, Daniel Cohn-Bendit, cette affaire est révélatrice de «La République des fayots». «Dans cette structure pyramidale du système Sarkozy-UMP, c'est simple: ou tu es avec le chef ou tu es dehors», a-t-il précisé au Post.fr.
 
Excuses?

 
De son côté, Martine Aubry, premier secrétaire du Parti socialiste, réclame des excuses. «La mise en cause de Marie NDiaye par Eric Raoult est inacceptable et inquiétante. Le Parti socialiste condamne fermement cette volonté de censurer la parole libre d'une écrivaine. Je le dis clairement: ne touchez pas à Marie NDiaye, ne touchez pas à la liberté d'expression», écrit-elle dans un communiqué.
 
Estimant que «Marie NDiaye s'inscrit dans la lignée des grands écrivains qui ont associé l'écriture à l'engagement», tels Voltaire, Hugo, Zola ou Camus, Martine Aubry «demande à Eric Raoult de retirer ses propos et de présenter ses excuses» à l’écrivaine. De son côté, le PCF va plus loin et demande à Frédéric Mitterrand de condamner «immédiatement et publiquement les propos odieux» d’Eric Raoult.
 
«Démocratie exemplaire de Nicolas Sarkozy»
 
Seul le porte-parole adjoint de l'UMP, Dominique Paillé, s’est exprimé à droite, estimant que personne ne pouvait «jeter la pierre» à Eric Raoult. «Eric a été choqué et il l'a manifesté à sa manière. En démocratie, il y a la liberté d'écriture mais aussi la liberté d'expression parlementaire», a-t-il déclaré à l’AFP.
 
Dominique Paillé a ensuite interpellé la lauréate du prix Goncourt 2009. «Je rappelle à Mme NDiaye que tout ce qui est excessif est insignifiant. Et ce qu'elle a écrit ne correspond pas à la France de Nicolas Sarkozy. C'est à cent lieues de la réalité», a-t-il déclaré à l’AFP, estimant que l'écrivain avait «entamé sa propre crédibilité». Et de conclure: «Dans la démocratie exemplaire de Nicolas Sarkozy, les écrits sont libres.» Les écrivains sont bien sûr libres d’être d’accord ou pas.