Frédéric Mitterrand: «Les écrivains qui reçoivent le Prix Goncourt ont le droit de dire ce qu'ils veulent»

POLEMIQUE Alors que la polémique entre la lauréate du prix Goncourt 2009, Marie NDiaye, et le député UMP Eric Raoult n'est pas enterrée, Frédéric Mitterrand estime que les écrivains ne sont soumis à aucun devoir de réserve...

S. C. avec agence

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Frédéric Mitterrand le 27 août 2009
Frédéric Mitterrand le 27 août 2009 — JOBARD/SIPA

Les écrivains sont-ils soumis à un devoir de réserve? Lundi, le député UMP Eric Raoult a jeté un pavé dans la mare, fustigeant des propos jugés «insultants» tenus par Marie NDiaye, lauréate du prix Goncourt 2009. Jeudi, le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a tranché. «Les écrivains qui reçoivent le Prix Goncourt ont le droit de dire ce qu'ils veulent», a-t-il déclaré dans une interview à la radio France-Bleue Isère.
 
Arbitrage a minima
 
Afin de ne pas froisser l’une ou l’autre des deux parties, le ministre refuse néanmoins de déclarer un gagnant et un perdant dans cette polémique. «Eric Raoult qui est un ami et un homme très estimable a le droit, en tant citoyen, voire en tant que parlementaire, de dire ce qu'il pense», a-t-il aussitôt préciser. Frédéric Mitterrand préfère finalement ne pas prendre partie. «Je n'ai pas à arbitrer entre une personne privée qui dit ce qu'elle veut dire et un parlementaire qui dit ce qu'il a sur le coeur, a-t-il ajouté. Cela me regarde en tant que citoyen, ça ne me concerne pas en tant que ministre.»
 
Eric Raoult avait interpellé mardi dernier Frédéric Mitterrand sur des propos, «insultants» selon lui, de Marie NDiaye, qui avait jugé «monstrueuse» la France de Nicolas Sarkozy dans une interview parue le 18 août dans le magazine Les Inrockuptibles.
 
L'écrivain, qui réside à Berlin et qui a décidé d’assumer ses propos, avait elle aussi demandé l'intervention du ministre. C’est chose faite, même si Frédéric Mitterrand s’est contenté d’un arbitrage a minima.