Sagan a refermé le livre de sa vie

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Femme de lettres et de cinéma, Françoise Sagan est décédée vendredi dernier, au centre hospitalier de Honfleur. Elle avait 69 ans. Les obsèques de la romancière auront lieu mardi, à 14 h 30, dans le petit village de Seuzac, proche de Cajarc, sa ville natale du Lot. Juste avant d’être hospitalisée, le 2 septembre dernier, Françoise Sagan avait passé l’été alitée dans la propriété normande qu’elle avait dû vendre aux enchères, mais où elle aimait encore résider, le manoir de Breuil. La romancière avait en effet élu domicile en Normandie, rejoignant ainsi « la famille des grands écrivains qui, de Flaubert à Proust et à Duras, ont fait de [cette] région une terre de littérature », comme l’expliquait samedi le président du conseil régional bas-normand, Philippe Duron, en lui rendant hommage. Françoise Sagan n’a jamais reçu de récompenses. « Elle n’a pas été accueillie comme un grand auteur, mais qu’importe. Elle écrivait ce qu’elle voulait, sans se soucier des autres, des prix, des académies. Elle écrivait pour elle », raconte l’éditeur Robert Laffont. A l’image de l’héroïne de Bonjour tristesse, son plus célèbre roman, la liberté, l’insolence et la fraîcheur dans les étouffantes années 1950 sont ce qui caractérise le mieux l’artiste et la femme. La première a su s’illustrer en littérature, au cinéma, au théâtre, et même à la télévision, sans jamais se prendre au sérieux. La seconde, éternelle infidèle, a mené une « vie de patachon », comme elle disait, faite d’excès et d’amours hésitantes. Selon le Herald Tribune, c’est « l’exception française à elle seule » qui vient de s’éteindre. Jeanne Dréan