Casablancas porte un grand coup

Benjamin Chapon

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Le New-Yorkais sort un disque en solo, en attendant le quatrième album des Strokes.
Le New-Yorkais sort un disque en solo, en attendant le quatrième album des Strokes. — DR

Lui et sa bande de jeunes new-yorkais mal coiffés déboulèrent en 2001 avec Is This It, un premier album qui allait sonner le « retour » du « rock à guitares ». Les Strokes définissaient la voie musicale, et le style vestimentaire, à suivre pour les dix années à venir. Et la voix des Strokes, c'était Julian Casablancas.

Depuis, de succès étincelants en déceptions rageantes, les Strokes se sont délités. Chaque membre y est allé de son projet solo plus ou moins réussi. Ne manquait plus que l'album de cette satanée belle gueule de Casablancas. Et on vous le dit tout de go : Phrazes for the Young est un putain de chef-d'oeuvre.

Ah, il connaît bien son affaire le salopiaud ! Parfois exaspérant de nonchalance, Julian Casablancas s'est appliqué à concentrer dans huit titres impec­cables tout le panel de son talent. Des claviers rétros aériens, des basses dantesques, des montages de sons audacieux et, surtout, toujours des riffs de guitares, francs et massifs comme un « Yes we can ».

Globalement enjouée, la musique de Casablancas reste toujours du bon côté de la frontière entre pop et rock (le côté obscur, bien sûr) grâce à une voix dynamique et mélancolique à la fois. De quoi vous refiler une patate d'enfer.

Mais Casablancas mettra-t-il à nouveau son talent au service des Strokes ? Rien n'est moins sûr. Il a dernièrement expliqué, amer, que « fonder un groupe est sans doute la meilleure façon de ruiner une amitié ». Plusieurs chansons, signées du chanteur, seraient néanmoins prêtes à être enregistrées. Mais Julian Casablancas vient de prouver qu'il n'avait besoin de personne pour accomplir le destin de grand du rock auquel il est promis. W