La librairie (commerciale) en ligne de Google, c'est pour juin 2010

LIVRE Avec Google Editions, l'entreprise se lance dans le marché payant et partagera ses revenus avec les éditeurs...

Philippe Berry

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Après Google Books, Google va lancer Google Editions
Après Google Books, Google va lancer Google Editions — (montage/DR)

En terrain ennemi. Jeudi, Google a choisi l'Allemagne et la Foire du livre de Francfort pour en dévoiler davantage sur Google Editions, son projet de librairie en ligne. Avec la France, le pays d'Angela Merkel est celui qui a jusqu'ici combattu avec le plus de vigueur Google Books –poussant le géant du net à quelques récentes concessions.

 
Mais Google Editions ne joue pas sur le même terrain. Ici, on ne parle pas de numérisation de livres épuisés, tombés dans le domaine public ou de contenu appartenant à des bibliothèques. Il s'agira d'une plateforme commerciale, dont le lancement est attendu en Europe et aux Etats-Unis en juin 2010.
 
Ouvert
 
Comme le note TheBookSeller.com, Google veut ici proposer une offre «buy anywhere, read anywhere» (acheter n'importe où, lire n'importe où). Car la plateforme donnera accès à trois canaux d'achats, chacun ayant son modèle de partage des bénéfices:
  • la librairie de Google elle-même (2/3 pour l'éditeur, 1/3 pour Google)
  • un libraire partenaire (45% pour l'éditeur, 55% partagés entre Google et le libraire)
  • ou directement sur le site d'un éditeur (ratio encore non déterminé)
 
Mais surtout, les livres pourront être lus sur un ordinateur, un téléphone, ou certains eReaders. Ils seront stockés dans le nuage du web, mais une version locale en cache pourra permettre d'y accéder sans Internet.

De 400.000 à 600.000 livres


Google n'a pas livré de noms pour les appareils compatibles, mais ceux de Sony, qui a récemment adopté le format ouvert EPUB, devraient être de la partie, tout comme celui du libraire Barnes&Noble. En revanche, Amanda Edmonds, de Google, a déclaré à Francfort qu'elle «doutait» que le Kindle d'Amazon, le leader supposé du marché qui campe sur son format propriétaire, soit de la partie.
 
Google annonce de 400.000 à 600.000 ouvrages disponibles (30% de plus que sur la Kindle store, mais il n'est pas clair si ce chiffre de Google inclut des livres gratuits). Reste à voir si les éditeurs –surtout français et allemands– se laisseront séduire. Gallimard, Stock et Grasset n'étaient pas disponibles dans l'immédiat pour réagir.