Léonard de Vinci livre son dernier dessin

A. R. avec agence

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le portrait de profil pourrait être celui de Bianca Sforza, fille de Ludivico Sforza, duc de Milan. Par Leonard de Vinci
le portrait de profil pourrait être celui de Bianca Sforza, fille de Ludivico Sforza, duc de Milan. Par Leonard de Vinci — SIPA

Un portrait de jeune fille, vendu il y a quelques années comme une oeuvre du début XIXème à un collectionneur, pourrait être de Leonard de Vinci. Le dessin aux trois craies et encre appartient à Peter Silverman, un collectionneur d'origine canadienne vivant en Suisse.

«Le collectionneur est venu nous voir parce qu’il avait des doutes», explique à 20minutes.fr Jean Penicaut. Il est le président de Lumiere Technology, le laboratoire parisien qui réussit à démontrer la véritable origine de l’œuvre. Le procédé est minutieux mais simple à comprendre: «nos mesures multispectrales permettent de comparer les tableaux», dit Jean Penicaut. «Nous avons d’abord trouvé une empreinte, puis comparé le pigment de cette empreinte à celui de la toile ce qui permet de dire qu’elle vient bien de l’artiste». Selon lui, «c’est une empreinte de main gauche que l’on a retrouvée sur d’autres tableaux de Leonard de Vinci».

D’un peintre allemand au maître italien

Le procédé est comparable à celui de la datation au Carbonne 14, la technologie développée permet de distinguer et de dater les différentes modifications subies par l’œuvre. «Le dessin a été restauré au XIXe siècle», reprend Jean Penicaut, «c’est ce qui a induit les experts de la vente en erreur, le tableau a été vendu comme celui d’un peintre allemand du XIXe siècle».

Pour Martin Kemp, professeur émérite d'histoire de l'art à l'université d'Oxford, et spécialiste de l'oeuvre de Leonard de Vinci, le portrait de profil pourrait être celui de Bianca Sforza, fille de Ludivico Sforza, duc de Milan. Le portrait qu'il avait d'abord baptisé La belle Milanaise est devenu depuis pour lui La belle princesse.

De 21.000 à 100 millions de dollars

Ces techniques scientifiques ont mené les experts à une unanimité sur l’origine de l’œuvre. Les spécialistes du monde entier comme Alessandro Vezzozi directeur du musée de la ville natale du maître ou encore Nicholas Turner, responsable du département gravures et dessins du British Museum ont authentifié l’œuvre.

Vendu par la maison Christie’s à New York en 1998 au prix dce 19.000 dollars (12.000 euros), le portrait sur velin (33 cm sur 24 cm) a été acheté par son dernier propriétaire au prix de 21.000 dollars (14.000 )en 2007. D’après le marchand londonnien Simon Dickinson, cité par l’AFP, le portrait de la belle princesse pourrait maintennat valoir plus de 100 millions de dollars (67 millions d’euros).