L'Egypte accuse le Louvre de vol

CULTURE Le Conseil supérieur des antiquités égyptiennes a suspendu mercredi sa coopération avec le musée pour récupérer des fresques...

Sa. C. avec agence

— 

ALFRED/SIPA

Bras de fer entre le Louvre et l’Egypte. Le pays des pharaons a décidé de suspendre sa coopération archéologique avec le musée français. En cause: un conflit entre les deux parties au sujet de fresques de l'ère pharaonique.
 
«Vol»
 
Le musée «détient et refuse de restituer cinq stèles arrachées à une tombe thébaine, et donc volées à l’Égypte», a expliqué , le secrétaire général du Conseil supérieur des antiquités égyptiennes (CSA), le Dr Zahi Hawass, au journal La Croix. L’Egypte affirme qu’elles auraient été «volées» et réclame leur restitution. Il s'agit de cinq fragments de fresques issus du tombeau d'un dignitaire de la XVIIIème dynastie (1550-1290 avant J.C.), situé dans la Vallée des Rois, près de Louxor. A Paris, la direction du Louvre réfute ces accusations, affirmant que la commission d'achat de la direction des musées de France a fait ces acquisitions «en toute bonne foi» en 2000 et 2003.
 
Si les fragments n’ont pas été remis à l’Egypte, c’est parce que la commission pensait que les fragments avaient quitté l'Egypte avant la Convention de l'Unesco de 1970 (qui n'oblige à aucune rétrocession pour des opérations antérieures à cette date), plaide le musée. Mercredi, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a fait un geste envers l'Egypte. Il s'est dit d'accord pour restituer les cinq fragments de fresques issues d'un tombeau égyptien revendiquées par Le Caire, s'il s'avère que les doutes sur la légalité de leur sortie d'Egypte sont fondés, selon un communiqué du ministère.
 
Néfertiti
 
Le Louvre s’est empressé de rassurer sur ses intentions, assurant à l'AFP que le musée était «ouvert» à la restitution de ces pièces, «dans le respect des procédures» françaises. «Le processus de restitution est enclenché», selon le musée. Mais la décision finale dépend d'un avis conforme de la Commission scientifique nationale des collections des musées de France, qui doit se réunir en fin de semaine, précise l’AFP.
 
En attendant, deux conférences (une au Caire et une à Paris) qui devaient être organisées en collaboration avec le musée français ont été annulées. Quant aux travaux menés par le Louvre sur le site archéologique de Saqqara, près de la capitale égyptienne, ils sont suspendus.
 
Les revendications égyptiennes valent aussi pour d'autres pays. L’Egypte réclame ainsi depuis longtemps la restitution par l'Allemagne d'un buste de la légendaire reine Néfertiti, emmené à Berlin en 1913.