« Un concert, il n'y a rien de plus planant »

Ulla Majoube

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En 1999, leurs masques de film d'horreur déboulaient. Slipknot s'était fait une place sur la scène mondiale avec son album du même nom. Aujourd'hui, les neuf membres de ce groupe américain ont mûri. Loin de leur image rageuse, ils vivent tranquilles avec leur famille. Casés, apaisés. « Il nous a fallu dix ans et quatre albums pour nous sentir à l'aise et faire les choses simplement, explique Paul Gray, alias #2. La gloire n'est pas facile à gérer. A un moment, on a eu l'impression qu'on ne contrôlait plus rien. Alors on a tout arrêté et travaillé sur des projets annexes. Lorsqu'on est revenus, l'accueil du public a été incroyable. »

Et ces fans sont fidèles. « Atteindre autant les gens, c'est incroyable. Ça nous touche. Ça nous dépasse aussi, de temps en temps. On devrait ouvrir un musée avec tout ce que les fans nous envoient ! » Mais ces derniers ont aussi leur côté obscur. « Des gamins en Californie se sont inspirés des paroles de Disasterpiece pour commettre un meurtre... Ça fait froid dans le dos. » Les Slipknot ont évolué, et leurs masques avec. Ils se montrent même à visage découvert. « Un jour, il faudra s'arrêter, précise #2. Le public nous fait tenir. Un bon concert, il n'y a rien de plus planant. Aucune drogue au monde ne fait cet effet-là. » Et les critiques, qui jugent leur musique moins bonne ? « On s'en moque. On n'est pas n° 1 dans autant de pays pour rien. » W