Un bel avenir pour Cassandre

Karine Papillaud

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Avec Le Miroir de Cassandre, Bernard Werber signe un nouveau conte philosophique.
Avec Le Miroir de Cassandre, Bernard Werber signe un nouveau conte philosophique. — L. URMAN / SIPA

Il y a un malentendu au sujet de Bernard Werber à dissiper d'urgence : s'il est un ancien journaliste scientifique passionné de technologies, ses romans sont davantage des contes philosophiques nourris de connaissances que des livres pour matheux amateurs de science-fiction. Son tout nouveau roman, Le Miroir de Cassandre (Albin Michel), est plus que les autres une « philosophie-fiction », comme la nomme l'auteur.

Cassandre est une jeune orpheline de 17 ans capable de connaître l'avenir et qui vit dans une société semblable à la nôtre. Comme l'héroïne éponyme de l'Antiquité grecque, elle voit le futur, mais personne ne croit à ses prédictions. Dépourvue de mémoire antérieure à ses 13 ans, elle veut à la fois découvrir son passé et parvenir à apprivoiser son don maudit. Ses aventures la conduisent à s'installer dans un immense dépotoir municipal, une cour des miracles composée de quatre clochards aussi caractériels que puants. Et c'est dans ce lieu où se condensent tous les déchets de la société qu'un monde meilleur, humaniste, pourra peut-être naître. Plus psychologique, peuplé de personnages hauts en couleur, le roman est l'occasion d'un voyage qui remonte à la source des croyances et des religions pour en trouver la trame spirituelle commune. L'écrivain a choisi un style plus littéraire et féminin pour se glisser, sans fausse note, dans la peau d'une fille de 17 ans. Le Werber 2009 est un excellent millésime, un bon roman à ne pas manquer : il se déguste plus qu'il ne se dévore et interroge intelligemment les a priori de notre temps. W