Van Cauwelaert réalise un drimm de jeunesse

Karine Papillaud

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Didier van Cauwelaert aécrit son premier polar à 8 ans et reçu le Goncourt à 34 ans.
Didier van Cauwelaert aécrit son premier polar à 8 ans et reçu le Goncourt à 34 ans. — BALTEL / SIPA

Et si le nouveau héros des ados, capable de détrôner Harry Potter, était un garçon boutonneux et obèse de 13 ans ? Il s'appellerait Thomas et devrait sauver le monde sous la pression... de son ours en peluche. On peine à y croire tant qu'on ne s'est pas plongé dans Thomas Drimm, la fin du monde tombe un jeudi (Albin Michel), le nouveau roman de Didier van Cauwelaert.

« Depuis cinq-six ans, les jeunes que je rencontre me demandent d'écrire une histoire pour eux, c'est-à-dire une série comme Harry Potter ou Tara Duncan. » Fasciné par le rapport qu'entretiennent les ados avec la lecture, l'écrivain relève le défi. « Entre 11 et 13 ans s'est construit le créateur et l'homme amoureux que je suis, confie Didier van Cauwelaert qui écrivait son premier polar à 8 ans et recevait le Goncourt à 34 ans, pour Un aller simple (1994). Thomas Drimm est important pour moi. Il redonne la parole et son regard sur le monde à l'enfant écrivain que j'étais. »

Le premier tome de cette histoire qui en comptera cinq, se passe dans un monde qui n'est ni tout à fait le nôtre, ni tout à fait un autre, où les citoyens se font greffer une puce dans le cerveau à 13 ans et où les notions de nation et de religion ont été abolies. A quelques semaines de son « empuçage », Thomas joue au cerf-volant quand il blesse mortellement un vieil homme. L'esprit de sa victime, un savant, s'incarne dans son ours en peluche et lui demande de sauver le monde.

Le secret du roman tient à une subtile alchimie : savoir montrer la complexité de la jeunesse, ses tâtonnements et ses intuitions sans tomber dans le portrait convenu d'une adolescence désenchantée, alléger l'histoire sans l'appauvrir, et se permettre une critique sociale que la littérature jeunesse ne s'autorise habituellement pas. Ce livre, bourré d'action mais sans combat, ne propose rien de moins qu'une nouvelle voie à la littérature jeunesse. Et on lui prédit un franc succès. Sur le papier, mais aussi sur Internet, puisqu'un site officiel (www .thomas-drimm.com) et un profil Facebook s'apprêtent à être lancés. W