Le Prince Miiaou, un « cat » à part du rock

Benjamin Chapon

— 

Bon. C'est quoi ce nom de scène ? Derrière Le Prince Miiaou (les deux « i » ne sont pas une faute de frappe) se cache une frêle jeune fille, et une musique rock foisonnante, passionnante. Compositrice douée et interprète habitée, Maud-Elisa Mandeau incarne l'espoir d'un nouveau rock français.

Après un premier album autoproduit, elle a enregistré Safety First, assemblage noisy, mi-suave mi-cacophonique. Elle bricole des chansons qui partent un peu dans tous les sens : bric-à-brac de guitares, piano, cordes, chuchotements abscons, refrains énergiques... avec un sens aigu de la dramaturgie mélodique.

De ses débuts comme « hurleuse dans un groupe de metal », Maud-Elisa a acquis un goût pour... la solitude. « Je fais tout toute seule. » Autodidacte, elle a appris la guitare « en posant [ses] doigts, un peu malgré [elle] ». Elle doit son éducation musicale à son grand frère. « Ado, j'écoutais les Spice Girls et lui Nirvana... Il m'a initiée à la culture indé. » Depuis, Maud-Elisa s'est nourrie de musiques rock variées, de Radiohead à Kate Bush ou PJ Harvey. De ses stages en maisons de disques, elle est sortie découragée. « J'ai bien vu qu'ils n'écoutaient pas vraiment ce qu'on leur envoie... » Le sien est donc autoproduit et en vente sur son MySpace, qui annonce également quelques dates de concert. « J'adore l'intensité, la vérité de la scène. Mais en même temps, ça me frustre parce que je ne peux pas rendre tous les effets que je mets sur le disque. Je ne suis pas assez bonne musicienne. L'expérience de la scène a eu un impact négatif sur ma musique. Ça me bloque, je me dis : "A quoi bon enregistrer des trucs que je ne saurai jamais faire en live ?" Et je ne vais pas utiliser un ordinateur comme MGMT, j'aurais l'impression d'enfler tout le monde. » Désarmante de sincérité, la jeune chanteuse livre sans fard ses doutes d'artiste en devenir. Au point qu'on oublie de lui demander : « C'est quoi ce nom de scène ? » W