Neil Patrick Harris promet de booster les Emmy Awards

Sandrine Cochard

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  — © PAUL BUCK/EPA/SIPA

Ses yeux rieurs bleu azur et son large sourire vous sont sûrement familiers, même si son nom vous échappe. A 36 ans, Neil Patrick Harris, qui triomphe dans la série How I met your mother, est le nouveau chouchou d’Hollywood. Il endosse d’ailleurs le très convoité costume de maître de cérémonie des Emmy Awards, les récompenses de la télévision américaine, dimanche soir. Un juste retour des choses pour cet acteur qui doit tant à la télévision. Portrait.
 
>> Retrouvez la cérémonie des Emmys Awards en live dimanche soir avec notre correspondant sur place.

Précoce
 
Neil Patrick Harris fait partie des rares enfants stars à avoir réussi à mener une carrière à l’âge adulte. Il débute en 1988 au côté de Whoopi Goldberg dans le film Le secret de Clara, qui lui vaut d’être nommé aux Golden Globes. Il n’a que 15 ans. Il enchaîne avec le rôle qui le révèle vraiment, celui d’un jeune médecin surdoué, Dr. Douglas "Doogie" Howser. La série repose entièrement sur ses frêles épaules durant quatre saisons. Le succès est dû à un savant mélange de jargon médical et de tracas adolescents. C’est Urgences et Code Lisa avant l’heure.
 

 
Neil Patrick Harris devient un des nombreux ados chéris de l’Amérique produits par la puissante télévision de l’époque (Soleil Moon Frye dans Punky Brewster, Fred Savage dans Les années coup de coeur, Rick Schroder dans Ricky ou la belle vie). Mais la comparaison s’arrête là. A la différence de ces anciens collègues, qui sombrent dans l’oubli avec l’arrêt de leur série, Neil Patrick Harris poursuit sa carrière avec discrétion mais brio dans la veine comique qui lui semble si naturelle.
 
Génie comique
 
En 1999, Il fait un retour remarqué dans l’excellente sitcom Stark raving mad. Il y incarne Henry McNeeley, un agent littéraire qui tente de relancer un écrivain – formidable Tony Shalhoub (personnage principal de la série Monk diffusée sur TF1) – en proie à la page blanche. Le duo se complète parfaitement et Neil Patrick Harris, alors âgé de 26 ans, est hilarant dans son rôle d’angoissé chronique aux multiples phobies et TOC. La série ne tient qu’une saison mais le génie comique de l’acteur, qui excelle dans les rôles de loser qui cherche à être cool, est repéré.
 

 


 
Polyvalent
 
Entre Dr Doogie et Stark raving mad, Neil Patrick Harris enchaîne les petits rôles dans des séries (Code Quatum, Arabesque, Au-delà du réel, l'aventure continue) et quelques films (Starship Troopers, Jeanne d’Arc). Il fait également office de guest dans l’excellente série Will & Grace (1999) et New York Section Criminelle (2004).

Après l’arrêt de Star raving mad, l’acteur s’offre une parenthèse en s’essayant au théâtre et à la comédie musicale. Il alterne comédie et rôles plus sombres. Il joue notamment dans les pièces Sweeney Todd (2001), La preuve (2002) avec Anne Heche et le musical Cabaret (2003) où il est acclamé. L’année suivante, il incarne Lee Harvey Oswald dans la comédie musicale controversée Assassins, de Stephen Sondheim.
 

 
Gloire
 
La consécration arrive en 2005 avec la série How I met your mother, dans laquelle il interprète le coureur de jupon Barney Stinson et pour lequel il a été nommé deux fois aux Emmy Awards. Ce rôle, qui permet à l’acteur d’explorer à fond son comique, devient culte, notamment grâce à ses expressions récurrentes.
 

 
 

 
Sans oublier son fameux «Bro code», sorte de code d’honneur auquel se réfère sans cesse Barney.
 

 
Une fois de plus, la télévision fait de lui une star. Avide d’expérimentation, Neil Patrick Harris tourne en 2008 une web série réalisée par Joss Whedon (créateur de Buffy contre les vampires et Angel), Dr. Horrible's Sing-Along Blog.

Ce rôle de savant fou, dont l’univers multiplie les références aux comics, fait de lui une figure de la culture geek.
 

 
Encore un rôle de loser hilarant. Dans la vie, Neil Patrick Harris n’a pourtant rien d’un loser. Il est même devenu une icône du petit écran, gérant son image en toute transparence.

En 2006, il fait son outing après des révélations dans la presse sa romance avec l’acteur David Burtka. «Le regard du public a toujours été bienveillant à mon égard et jusqu’à présent, j’ai toujours pu vivre une vie normale, déclare-t-il au magazine People. Désormais, il semble que ma vie privée intéresse les curieux. Au lieu d’ignorer les oui-dires, je suis heureux de faire cesser les rumeurs et je suis fier de vous annoncer que je suis un gay heureux qui vit sa vie de la façon la plus intense et avec la chance de travailler avec les personnes les plus merveilleuses.»

En novembre 2008, l'acteur prend ouvertement position pour le mariage gay dans une mini comédie musicale réalisée après le rejet surprise de l'Etat de Californie pour cette union. Bien loin de signer la fin de sa carrière, son coming out lui vaut la sympathie du public. Nul doute qu’il en jouera aussi dimanche.