Les débutants se lancent dans le grand bain

Karine Papillaud

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Les éditeurs ont toujours publié des premiers romans, mais la presse en a fait une tendance depuis quelques années. Certains journaux leur dédient même des rubriques au moment de la rentrée. Et donnent une visibilité sans pareil à de parfaits inconnus, quand des deuxième ou troisième romans sont balayés par l'avalanche de titres. « C'est la raison pour laquelle il est moins risqué qu'il n'y paraît de publier un premier roman au moment de la rentrée littéraire », souligne Héloïse d'Ormesson, qui dirige la maison d'édition éponyme, et avoue sa passion pour la découverte de nouveaux écrivains : « Il y a une allégresse particulière pour un éditeur à publier un premier roman : c'est une prise de risques, mais aussi la chance d'une découverte. » De quoi encourager les candidats : « On dénombre près de trois millions d'"écrivants" rien que sur Internet », note l'éditeur Léo Scheer, qui consacre la moitié de sa production à la découverte de nouveaux talents.

A ceux-là s'ajoutent les auteurs en herbe qui envoient leurs manuscrits par la poste. Et ça marche : les éditions Albin Michel ont ainsi reçu Le Club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia. « J'ai adressé mon manuscrit à dix éditeurs à la fin 2008, explique ce juriste de 59 ans. A ma grande surprise, j'ai reçu cinq réponses positives. Je n'avais pas eu cette chance pour mes précédents romans, qui n'ont jamais été publiés ! » « Les manuscrits sont tous pris en considération par les éditeurs, conclut Héloïse d'Ormesson. Certes, un manuscrit recommandé par tel ou tel sera lu plus rapidement, mais il n'a pas plus de chance qu'un autre à l'arrivée ». La recette ? Un peu de chance et beaucoup de talent, quel que soit le sujet du roman. Toutes les histoires ont déjà été racontées : c'est le style, l'univers, le regard et l'imagination qui font la littérature. W