Le cinéma américain crise

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Mira Sorvino défend Like Dandelion Dust.
Mira Sorvino défend Like Dandelion Dust. — D. JOUBERT / EPA / SIPA

La crise ? A Hollywood, ce n'est pas que du cinéma. C'est du moins ce qu'expriment acteurs et réalisateurs américains sur les planches de Deauville. Le cinéaste Tom DiCillo, icône du cinéma indépendant avec des comédies comme Ça tourne à Manhattan, ne parvient plus à monter ses projets. « Les producteurs sont de plus en plus frileux, ils ne veulent investir que dans des produits sûrs, comme les franchises ou les suites. » Richard Linklater, venu présenter Me and Orson Welles, est lui aussi pessimiste : « Les indépendants dotés de budgets moyens souffrent énormément. Beaucoup plus que les gros films ou les productions fauchées tournées avec des caméras numériques. »

Les acteurs ne sont pas épargnés. Surtout les petits. « Je reçois moins de scénarios, avoue Chris Messina, qui tient un second rôle dans Julie & Julia. C'est déjà dur pour les stars, mais pour un comédien peu connu comme moi, les choses sont encore plus difficiles. » A Deauville, pourtant, les effets de la crise ne se font pas encore sentir. Hier, le touchant Like Dandelion Dust, où Mira Sorvino se bat pour récupérer le fils qu'elle a fait adopter, et l'amusant Cold Soul, où Paul Giamatti recherche son âme qu'il a égarée, ont prouvé que l'originalité est toujours payante. « Dès que vous avez des stars, ça change la donne, insiste Messina. Je tourne dans des blockbusters comme Julie & Julia pour me faire un nom et aider des productions plus difficiles. » W

à Deauville, C. V.