M: «Le succès est toujours un malentendu»

MUSIQUE Interview de Matthieu Chedid qui vient de sortir «Mister Mystère»...

Recueilli par Benjamin Chapon

— 

- M -, ou l'alter ego (trip) décomplexé de Mathieu Chedid, dévoile son nouveau visage.
- M -, ou l'alter ego (trip) décomplexé de Mathieu Chedid, dévoile son nouveau visage. — I. SIMON / SIPA

Vous n'aviez plus sorti de disque depuis six ans. C'est long...

Il y a eu une longue tournée, l'album de Vanessa Paradis, les concerts avec elle... Je n'allais pas me forcer à faire un disque. J'ai tout redémarré à zéro, en commençant par me demander pourquoi on fait un disque. C'est quelque chose de très prétentieux si on y réfléchit.

Dans cet album, vous semblez avoir psychanalysé votre personnage - M -.

Je suis avant tout musicien, j'étais prédestiné à être un accompagnateur. Parti d'un délire, - M - a pris beaucoup de place jusqu'à s'imposer comme mon axe, mon équilibre.

Globalement, cet album est plus sombre que les précédents.

Quand on cherche à dire des choses un peu profondes sur soi-même, on va forcément chercher dans l'ombre. J'ai voulu mettre mon ombre en lumière. Tout en gardant une part de mystère... J'aime beaucoup la phrase de Giono: «Le mystère le plus malin se cache dans la lumière.» La nature animale, et humaine, est naturellement portée vers la lumière, mais on en apprend beaucoup plus sur les choses en regardant l'ombre portée plutôt que la source de lumière.

Avez-vous eu l'impression d'être trop dans la lumière?

Le succès est toujours un malentendu. J'ai appris à me préserver, mais mon axe dans la vie, c'est d'être en cohérence avec ce que je suis.

Les concerts seront-ils dans le ton plus sombre de l'album?

Non. Là où l'album est tamisé, les concerts seront plus électrisés. Le disque a moins de chansons comiques, ou caricaturales, et la thématique est le noir et blanc. Mais ces couleurs peuvent être aussi graphiques et spectaculaires que le rose. Je suis un transformiste, je ne suis pas figé dans une image.