Le business d'une tournée mondiale

MUSIQUE Madonna a achevé la sienne mercredi soir, à Tel-Aviv. Avec un joli pactole à la clé...

Sandrine Cochard

— 

 
  — STR/EPA/SIPA

Les concerts sont devenus la valeur refuge des artistes face au déclin des ventes d’albums et du piratage. Madonna l’a bien compris et devrait être l’artiste la plus lucrative de l’année pour la seconde année consécutive. Sa grande tournée mondiale, lancée en août 2008, s’est achevée mercredi soir, à Tel-Aviv, la laissant exténuée mais riche: son «Sticky & Sweet tour» lui a rapporté 408 millions de dollars (285 millions d’euros) au total.
 
Avant elle, les Rolling Stones l’avait prouvé lors de leur grande tournée «Bigger Bang» enter 2005 et 2007: désormais, les artistes qui gagnent le plus d’argent sont ceux dont les revenus reposent essentiellement sur leurs concerts (558 millions d’euros pour les papys du rock). Cette nouvelle logique bouleverse le monde du show et oblige les artistes à revoir leur stratégie. La Madone a ainsi dû multiplier ses concerts (85 dates au total sans compter celles prévues à Marseille où l'effondrement de la scène avait tué un technicien) et les programmer dans les grandes villes internationales pour attirer plus de monde (plus de 3,5 millions de fans ont assisté à sa tournée), a révélé mercredi Live Nation, le promoteur de Madonna. Mais cela ne profite pas qu’à la star. Au final, le filon juteux des concerts promet aussi de faire le bonheur des organisateurs.
 
Live Nation tout puissant
 
En quelques années, la firme est devenue incontournable dans l’industrie musicale notamment en diversifiant son activité. Ses fameux «contrats 360» sont conçus pour gérer toutes les activités d'un artiste, de la vente de disques à l'organisation des tournées. Live Nation a déjà réussi à convaincre Madonna, Jay-Z et le groupe U2. Un joli coup qui lui a tout de même coûté 350 millions de dollars (245 millions d’euros).
 
En février dernier, Live Nation a annoncé sa fusion avec Ticketmaster, le leader de vente de billets sur Internet, sous l’œil inquiet des sénateurs américains qui craignent l’émergence d’un géant au monopole absolu. Ce nouveau mastodonte, dont la fusion n’a pas encore été validée, pèserait ainsi 700 millions de dollars en bourse. De quoi faire de l'ombre aux maisons de disques dont le modèle économique dépérit. Autre risque: celui de pratiquer des tarifs prohibitifs. Aux Etats-Unis, «la dernière tournée de Bruce Springsteen aurait été l'occasion d'un discret tour de passe-passe. Selon Bruce Springsteen, la quantité de billets vendus chez TicketMaster aurait été limitée volontairement, pour obliger les fans à se tourner vers TicketsNow. Et à payer plus cher», rappelle Eco89. «En 2008 déjà, Madonna, produite par Live Nation, a remporté la palme du billet de concert le plus cher, à 378 dollars», renchérit Le Figaro. De quoi assurer de beaux jours aux stars et à leur promoteur, au détriment du portefeuille des fans.