Un court-métrage appelle à la solidarité des internautes

CINEMA Particuliers et entreprises peuvent le financer...

Sa. C.

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My Major Company, ce site qui propose aux internautes de financer des artistes, a donné des idées. Une petite maison de production, SlumberLand Factory, applique ce principe avec un court-métrage français intitulé Alice au pays s’émerveille. Objectif: réunir les 45.000 euros nécessaires pour assurer la post-production, la distribution et la diffusion du film, réalisé par Marie-Eve Signeyrole et dans lequel joue le réalisateur serbe Emir Kusturica.
 
«Nous avons lancé cette opération car nous avions un trou dans notre budget, explique Cyril Cadars, l’un des producteurs. Emir Kusturica a accepté le rôle à la fin du mois de décembre mais il n’était disponible que jusqu’à mi-mars. Nous n’avions donc que trois mois pour boucler notre financement et cela n’a pas été suffisant.» D’où cette invitation à devenir «le plus petit producteur du monde» lancée sur Internet.
 
«Chacun donne ce qu’il veut. Les souscriptions débutent à 5 euros et vont jusqu’à plus de 1.500 euros», détaille Cyril Cadars. Pour capter l’attention des internautes et sauver leur film, les producteurs y vont même d’une petite vidéo dans laquelle ils proposent «un striptease à l’envers»: nus au départ, ils se rhabillent tous les 1.500 euros de contributions. «Nous trouvions ça plus élégant que de faire un striptease basique», souligne encore le jeune producteur de 27 ans.
 

 
Une opération payante puisqu’au moment où cet article a été rédigé, le film avait récolté 40.195 euros. «Entre 825 et 830 particuliers ont participé au financement ainsi que 3 entreprises», selon Cyril Cadars. Inutile en revanche d’espérer un retour sur investissement: les internautes producteurs ne toucheront pas d’argent en cas de bénéfices, l’opération relevant plutôt du mécénat. Ils recevront en revanche le DVD du film financé.