Le «Festival d'Avignon», entre éblouissement et déception

REVUE DE PRESSE Alors que la 63e édition s'achève mercredi, la presse française dresse un bilan de la cuvée 2009, qui semble épargnée par la crise...

Sa. C.

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  — DELALANDE RAYMOND/SIPA

Le théâtre ne connaît pas la crise. C’est sur ce sentiment que s’achève mercredi le 63e Festival d’Avignon, ouvert le 7 juillet dernier. «Un bilan positif malgré les difficultés de financements», souligne «Libération». Le festival a en effet connu une fréquentation estimée aussi élevée que l'édition précédente: 125.000 entrées, soit 94% de la capacité totale d'accueil. Cette bonne affluence reflète-t-elle la qualité des spectacles proposés? Pas si sûr.
 
Mièvre
 
Le premier journal à dégainer sa critique est «Libération», qui voit «une édition inégale sauvée par quelques pièces engagées». Et de fustiger «des chorégraphies qui manquent d’envergure» ou encore des pièces qui «semblaient avoir oublier de fermer le robinet d’eau tiède». Mièvre, Avignon? Moins sévère, «Le Monde» évoque «un Festival d'Avignon contrasté». «Cette 63e édition se révèle intéressante, troublante à certains égards, et finalement plus variée, sur le plan artistique, que d'autres qui faisaient du théâtre de performance l'alpha et l'oméga de la création contemporaine», souligne le journal qui note tout de même que «ce festival 2009 laisse un sentiment un peu étrange». En cause, le manque de discours politique fort. «Avignon 2009 a été en effet, plus que jamais, le reflet d'un monde où les repères traditionnels se sont effondrés, et qui en cherche d'autres, en tâtonnant.»
 
«L’Express» évoque également le «goût étrange» laissé par cette édition. «Le festival d'Avignon se veut moral avant tout et personne, parmi les artistes invités, n'a voulu décevoir Hortense Archambault et Vincent Baudriller, les directeurs de la manifestation», estime l’hebdomadaire.
 
Coups de coeur
 
«Le Monde» estime toutefois que «sur le plan artistique, on est loin de la catastrophe dénoncée par certains.» «Ce festival a offert un nombre raisonnable de beaux spectacles, et quatre sommets, ce qui n'est déjà pas mal» juge le quotidien du soir. De son côté, «Le Figaro» a trouvé au moins «dix coups de cœur». Egalement ravi par le festival, «Télérama» quitte Avignon «ébloui» et «plein d’attente» pour l’an prochain.

CHIFFRES

42 spectacles, dont trois quarts de créations, auront été présentés cette année, pour 275 représentations, pendant 23 jours dans 21 lieux, balayant des formes esthétiques très diverses: fictions documentaires, arts de la scène, cinéma, tragédie grecque...