Francofolies: Cali condamne «l'acharnement» contre Orelsan

POLÉMIQUE Pour ma part, je boycotterai, avec tristesse mais conviction, tous ces lieux muselés», explique le chanteur... qui se fait tacler par le fondateur du festival...

(Avec agence)

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Le chanteur Cali et Ségolène Royal dans les travées du festival des Francofolies de La Rochelle.
Le chanteur Cali et Ségolène Royal dans les travées du festival des Francofolies de La Rochelle. — SIMON ISABELLE/SIPA

L’affaire Orelsan continue de faire des remous. Après la dédicace d’Olivia Ruiz sur scène, samedi soir, c’est au tour de Cali de mettre franchement les pieds dans le plat. Dans une lettre rendue publique par la maison de disques du rappeur, Troisième Bureau, le chanteur dénonce un «acharnement insupportable sur Orelsan» et condamne sa déprogrammation du célèbre festival des Francofolies de La Rochelle.

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«Avec cette terrible décision, les Francos de La Rochelle, le festival de la découverte et du parrainage de jeunes artistes, le festival de tous les chanteurs confirmés, le festival des grands chanteurs de notre patrimoine, le festival qui m'a personnellement tout donné, se discrédite totalement», déclare Cali dans sa lettre avant d’estimer qu’«il y aura un avant et un après Orelsan. Pour ma part, je boycotterai, avec tristesse mais conviction, tous ces lieux muselés».

«Mise à mort d’un artiste»

«Il y a un acharnement insupportable sur Orelsan. C'est la mise à mort d'un artiste à l'aube de sa carrière», juge Cali. «De plus, la décision d'interdire de scène ce chanteur risque de provoquer et de cautionner des autocensures très peu propices à la création (...). La précieuse liberté d'expression est ici clairement bafouée».

Et d’ajouter: «Une de mes chansons parle d'un ado qui a mangé ses parents. C'est une manière de traiter la folie. Dans un autre texte, je suis un homme qui découpe sa victime et la range soigneusement dans des sacs-poubelles. Suis-je un serial killer que l'on doit éloigner de la vie publique? L'art n'est pas forcément beau et agréable, il doit nous faire réfléchir sur nous-mêmes et sur le monde qui nous entoure».

Apologie de la violence envers les femmes

«Est-ce que ce sont les alloueurs de subventions, les politiques, qui doivent décider de ce qu'il convient d'entendre ou non dans un festival?», s'interroge Cali, en rappelant que le Printemps de Bourges avait maintenu Orelsan à son programme.

Le rappeur fait l'objet depuis fin mars d'une polémique née du clip d'une ancienne chanson, «Sale pute». Plusieurs associations ont vu dans ses textes une apologie de la violence envers les femmes. Le 3 juillet, son entourage professionnel a annoncé qu'il avait été déprogrammé des Francofolies, où il aurait dû se produire le 14. Le festival a nié avoir fait l'objet de pressions.

Ségolène Royal, la maître-chanteuse

Interrogé dimanche sur RTL, Jean-Louis Foulquier, fondateur des Francos, a estimé que Cali «aurait dû réfléchir» avant de s'en prendre aux organisateurs du festival car «c'est Ségolène Royal l'instigatrice de tout ça».

Selon lui, Gérard Pont, l'un des dirigeants des Francofolies, avait programmé Orelsan mais «Ségolène Royal s'est positionnée en maître-chanteuse: ou il arrêtait la programmation ou il n'avait plus de subventions».

Cali est un «soutien sans faille de Ségolène Royal. Est-ce qu'il va aller chanter, dans ses concerts de soutien et de fraternité, pour une femme qui clame la censure?", s'est-il ensuite interrogé.