Des bancs du Château de Versailles à adopter

PATRIMOINE Le Château de Versailles recherche des mécènes pour restaurer cinquante de ses bancs...

Laurie Haslé

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Le château de Versailles avec, au premier plan, le bassin d'Apollon.
Le château de Versailles avec, au premier plan, le bassin d'Apollon. — SEL AHMET/SIPA

Participer à la restauration d’un banc des jardins du Château de Versailles, c’est possible.  L’établissement a lancé sa nouvelle campagne de mécénat mercredi. Cinquante bancs sur les 170 que compte le château recherchent des donateurs pour financer leur restauration, dont le coût est estimé à 3.800 euros pour chaque œuvre. En remerciement, une plaque rappelant la générosité du mécène sera appliquée sur chaque banc.

Les bancs après les statues


Depuis le lancement de la campagne, les départements de l’Orne, de la Charente Maritime et de la Moselle ont confirmé leur soutien à l’opération. Chantal Canales fait partie des deux donateurs particuliers qui ont aussi répondu présent : «C’est important d’entretenir le patrimoine national. On promeut beaucoup les opérations de dons au profit du médical, mais le patrimoine est un peu laissé pour compte.»
 
Les deux donateurs avaient déjà financé la restauration d’une statue de Pandore, pendant l’opération «Adoptez une statue», lancée par le Château de Versailles en 2005. Les mécènes pouvaient choisir la statue dont ils souhaitaient financer les travaux : «Un médecin des Yvelines a choisi un buste du dieu de la médecine, Esculape, en écho à sa profession. Le groupe de vins et spiritueux Moët-Hennessy a, quant à lui, financé la restauration d’un ensemble d’œuvres sur Bacchus, la divinité romaine de l’ivresse. Le choix des mécènes est très ciblé et sentimental», explique Serena Gavazzi, responsable du service mécénat à Versailles.

Des mécènes de tous milieux sociaux

L’opération n’est pas réservée qu’aux plus fortunés. Le mécénat «groupé» est également possible. La Société des amis de Versailles fédère les petits donateurs dont la participation tourne autour des 150 euros, pour parrainer une œuvre précise. D’ailleurs, Serena Gavazzi encourage les petits mécénats: «Les petits dons sont aussi les bienvenus. Lors de notre opération «Adoptez un arbre de Versailles» après la tempête de 1999, nous demandions 150 euros en moyenne par arbre. Et ils ont tous été replantés.»

Un don déductible des impôts

Facile de se laisser convaincre, d’autant que 66% du montant des dons sont déductibles des impôts. Au final, financer un banc du Château de Versailles ne revient qu’à 1292 euros pour le mécène, en plus de la valeur sentimentale qu’il représente : «On choisit une statue en fonction de sa thématique, de ce qu’elle représente. Le banc, c’est beaucoup plus intimiste. Les gens l’adoptent en fonction de son emplacement, et de souvenirs», poursuit la responsable du mécénat. Pour Chantal Canales, mécène de deux bancs, le choix est aussi symbolique que stratégique: «Il y en a un à l’entrée du château, et un autre à la sortie. Comme ça, les gens pourront à la fois s’évader et se reposer.»