Nanni Moretti en cinq films

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La dimension autobiographique du cinéma de Nanni Moretti est une évidence. Pas seulement depuis que le « splendide quinquagénaire » a du succès en se promenant en scooter dans les rues de Rome (Journal intime) ou qu'il manifeste sa joie d'être père et de voir la gauche remporter les élections (Aprile). Avant cela, le maestro barbu incarnait déjà le même personnage baptisé « Michele Apicella », dont le statut social évoluait d'un film à l'autre : prof amoureux de Laura Morante dans Bianca (1983), il devenait curé dans La messe est finie (1986) et militant communiste amnésique dans Palombella rossa (1989). Ce sont ces comédies sociales réjouissantes que l'on peut revoir ici. On regrettera juste l'absence de Sogni d'oro (grand prix à Venise), le premier de cette série de films où apparaît son alter ego irascible et attachant. Le coffret contient en revanche Le Caïman (2006), satire à peine voilée contre un certain Berlusconi. Et Caos calmo (2008), d'Antonello Grimaldi avec Nanni Moretti à l'affiche. Même si ce n'est pas le meilleur du coffret, ce film est néanmoins poignant. W

Stéphane Leblanc