AKB48, le joli numéro du groupe de baby dolls

Benjamin Chapon
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   « Les gens nous aiment parce qu'on chante et qu'on danse bien, qu'on est jeunes et jolies, que nos costumes sont très beaux et que nos chansons racontent des histoires d'amour. » C'est une « idole » qui nous parle. Membre de la troupe japonaise AKB48, elle a bien un nom, comme deux de ses camarades en promo à Paris, mais son attaché de presse nous signifie que cela n'a pas trop d'importance. Difficile, dans un premier temps, de considérer ces trois jeunes filles autrement que comme des poupées, certes jolies mais un rien bêtasses. 

   Elles font partie, depuis leurs 18 ans, d'AKB48, un groupe féminin célébrissime au Japon. Comme son nom l'indique, AKB48 compte 48 membres : jeunes filles repérées sur casting pour leur joli minois, formées au chant et à la danse puis propulsées sur scène, environ quatre fois par semaine. Le groupe possède sa propre salle de spectacle à Tokyo, qui affiche complet touts les soirs. « C'est parfois un peu fatigant, mais nous essayons d'en profiter au maximum parce que nous devrons quitter le groupe à nos 22 ans. » Les filles d'AKB48 veulent toutes, ou presque, devenir chanteuses ou travailler à la télé. Elles ont donc quatre ans pour apprendre le métier, mais pas pour se faire remarquer. Sans parler de moule, il y a un code AKB48, une décence à respecter et un costume aussi. « Nous sommes des jeunes filles, nous avons des histoires d'amour mais il ne faut pas que nos fans le sachent, on ne voudrait pas leur briser le coeur. » Les idoles suscitent, au Japon, la dévotion de milliers d'hommes qui, à la sortie d'une journée de travail, vont se défouler sur la pop sucrée et pleine de bon sentiments des AKB48. Sans lubricité ? « Oh non, nos fans sont bien trop vieux pour nous. Ils sont gentils, on leur rappelle un peu les filles qu'ils ont connues dans leur adolescence et qu'ils aimaient en secret... » L'air de rien, ces idoles ont du plomb dans la cervelle et la tête sur les épaules. « Il y a une concurrence entre nous parce qu'on sait bien qu'on ne pourra pas toutes faire une carrière. On se chamaille. Mais dans l'ensemble, on s'entend bien. » Fières de représenter leur pays à Paris, elles confessent que la musique d'AKB48 n'est pas trop leur tasse de thé. « On écoute plutôt des choses américaines, de la pop ou du R'n'B. Ils écoutent quoi les jeunes en France ? » W