Boris Vian, vous irez danser sur sa tombe

Anne Kerloc'h et Benjamin Chapon
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Musicien de zizique, écrivain pas vain... Cinquante ans après sa mort précoce, on n'a toujours pas fini de découvrir Boris Vian,

dont l'oeuvre protéiforme semble inépuisable. Notamment ses chansons... Car si L'Ecume des jours a déployé ses feuilles d'humour et d'amour désespéré dans les programmes scolaires, le Vian compositeur ne se perçoit souvent que par quelques superbes bribes : Le Déserteur, Fais-moi mal, Johnny...

Capable de prénommer son héroïne romanesque Chloé « arrangée par Duke Ellington », de jouer le souffle de sa vie sur scène avec Louis Armstrong, d'écrire dans les revues de jazz, Vian « était surtout reconnu dans les caves, se rappelle la chanteuse Magali Noël. Admiré pour son jeu de trompette, ou plutôt de trompinette, instrument étrange de ses débuts... » Inventeur d'objets, amateur d'insolite, il aura été l'un des grands défricheurs de la chanson française et fut le premier à écrire des rocks en français. Tendance parodique. « C'était une mise en boîte du rock américain, raconte Françoise Canetti, fille de Jacques Canetti, qui le fit débuter aux Trois Baudets et le produisit (lire ci-dessous). Mais il aimait le be-bop, le boogie-woogie... C'était un fou de rythme. Ses textes, eux, étaient superbes. Le musicien Jimmy Walter lui a appris à faire de ses poèmes des chansons, en y incluant un refrain et un couplet. » Des chansons, il en existe aujourd'hui 450, conservées par la Fondation Boris Vian. En attendant l'entrée de l'écrivain dans la Pléiade, pour 2010, une vingtaine de livres et autant de disques marquent le 50e anniversaire de sa mort. Dont Boris Vian. Le swing et le verbe, aux éditions Textuel. Histoire de faire résonner l'âme du créateur du pianocktail. En avant la zizique. W