« Je suis attiré par ce qui peut tourner au désastre »

Recueilli par Ulla Majoube

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Jarvis, Cocker, votre deuxième album solo est plus rock que Jarvis, votre précédent opus...

Ce n'est pas par hasard. Pour la tournée de 2006, j'avais monté un groupe. On finissait les concerts avec une reprise d'un classique rock. Je me suis alors demandé si je pouvais écrire un album rock. J'ai toujours été attiré par les idées qui, potentiellement, peuvent tourner au désastre.

Au désastre ?

Oui. Je n'aime pas les choses trop évidentes. On achète souvent un nouvel album qui ressemble auprécédent. Mais quel est l'intérêt de sortir une copie de ce que l'on a déjà fait ?

Comment travaillez-vous ?

J'ai toujours un carnet sur moi [il le sort de sa veste]. En général, je commence par la musique. Puis, je fouille dans mes carnets à la recherche de bons textes. Tiens, regardons dans celui-là : A Girl with a Penis [une fille avec un pénis], c'est bien ?

Ou I Never Said I Was Deep ?

« Je n'ai jamais dit que j'étais quelqu'un de profond, mais je suis profondément superficiel. » Ces paroles sont assez vraies en ce qui me concerne. Quand on vieillit, on a moins de place dans le cerveau. Et là, on se demande pourquoi on a rempli cet espace d'Eurovision, plutôt que d'autre chose...

Cet album est plus personnel...

C'est certain. Pour le précédent, je venais de m'installer à Paris et notais les différences entre la France et le Royaume-Uni. Là, il s'agit plus de relations entre hommes et femmes...

Vous ne chantez plus de morceaux de Pulp ?

Plus vraiment. Pulp était un groupe. On a appris ensemble à jouer de la musique. Plutôt que de faire un sous-Pulp, je préfère ne rien faire. Mais je n'ai pas honte de ces chansons !

C'est difficile de se défaire de l'image de Pulp ?

C'est impossible ! On me demande régulièrement si, étant donné que Blur se reforme, Pulp va revenir aussi... D'ailleurs, je suis curieux de voir ce que va donner la reformation de Blur. Le public ne souhaite pas que ces groupes fassent autre chose qu'un best of. Les gens aiment revivre les mêmes choses encore et encore. Il y a beaucoup de répétitions dans nos vies. W