Kasabian, fucking good !

Benjamin Chapon

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sssssssss
sssssssss — H. BROWN

« T'as trouvé ça comment ? », s'inquiète Tom Meighan en lissant

ses cheveux derrière ses oreilles. Bon, excellent même. « Ah ! Cool... Merci, je suis super d'accord avec toi, on a vraiment fait du bon boulot. » Le chanteur de Kasabian a bien raison, le troisième album du groupe britannique, The West Ryder Pauper Lunatic Asylum, est un chef d'oeuvre. D'abord parce qu'un album rock, bon de la première à la dernière note, c'est rare, très rare. Ensuite parce Sergio Pizzorno, guitariste et compositeur du groupe, a concocté des mélodies exaltantes.

Ambitieux au point d'être parfois moqués pour leur propension à l'autosatisfaction, les Kasabian ont remis plusieurs fois l'ouvrage sur le métier avant de livrer cet album. Il leur aura fallu deux ans et un passage en Californie, chez le producteur de génie Dan the Autamotor. Un temps qui a semblé bien long à la pile électrique Tom Meighan. « Je déteste ne rien faire. Mais objectivement, on avait besoin de temps, et de repos après quatre ans d'une tournée de folie. Serge voulait un album vraiment cohérent, pas seulement une succession de tubes. » Des tubes, pourtant, il y en a, du martial Where Did All The Love Go ? à la ballade rétro Thick As Thieves. Un spectre musical spectaculairement large pour un groupe dit « de stade ». « On dit souvent que nous sommes des rockers romantiques à cause de nos paroles. Et ça me va, je suis un romantique ! », s'esclaffe Tom Meighan en suivant du regard un groupe de femmes : « Mmmm, les femmes mûres... J'adore. » Désinvoltes, prétentieux et géniaux : des rockstars comme on en fait plus. W