La jeunesse des super-héros, un filon pour Hollywood

CULTURE Le vaisseau de Star Trek reprend du service sur les écrans noirs... pour la onzième fois. Plus qu'une énième suite des aventures de l'équipage en pyjama, le film est une exploration du passé des deux personnages phares de la saga. Classique et efficace...

Marina Bellot

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Chris Pine et Zachary Quinto
Chris Pine et Zachary Quinto — Paramount Pictures France

Kirk et Spock n’ont pas toujours été des amis fidèles. A l’origine, ils ne pouvaient pas se sentir. C’est cette relation trouble et peu connue qu’a choisi d’explorer J. J. Abrams, le réalisateur des nouvelles aventures de «Star Trek» qui sort mercredi en France. «Kirk est un punk, un rebelle sans direction. Et Spock, personnage mi-vulcain, mi-humain, a sacrifié son humanité au profit de la pure logique vulcaine», explique-t-il mardi dans une interview au Figaro. Le réalisateur, créateur des séries «Alias» et «Lost», n’est pas le seul à se pencher sur la jeunesse des héros mythiques.

Coup double

Le procédé est même devenu un grand classique. En proposant de percer les mystères du passé des héros, les producteurs espèrent faire coup double: réunir un public déjà conquis par ces personnages familiers et rallier les novices. C’est le pari du nouvel opus de «Star Trek», que l’on est supposé pouvoir apprécier même si l’on n’est pas un «trekkie» de la première heure, et qu’on est allergique à la science-fiction.

L’exploration du passé, une aventure osée? Pas vraiment. Le plus grand succès du genre est sans doute «Batman Begins».


Batman begins - Trailer 2

Dans le film de Christopher Nolan, sorti en 2005, on découvre la fameuse scène traumatique qui a poussé Bruce Wayne à devenir le justicier masqué que l’on connaît: la mort de ses parents, abattus sous ses yeux alors qu’il n’était qu’un enfant dans une rue de Gotham City. Résultat, ce cinquième opus est considéré par la critique comme le meilleur «Batman» de l’histoire. Et le spectateur a le sentiment d’en savoir un peu plus sur son héros préféré.

Succès garanti

Un film rétrospectif permet de répondre à LA question que tout fan se pose: comment son héros en est-il arrivé là? Et la curiosité l’emporte souvent sur la critique. Ainsi le film «Wolverine», pourtant éreinté par les déçus, a rassemblé 860.755 spectateurs lors de ses cinq premiers jours d’exploitation en France.

La recette marche aussi sur le petit écran: la série «Smallville», qui raconte en 9 saisons comment le futur Superman fait l’apprentissage de son identité et de ses pouvoirs dans une petite bourgade, est très vite devenue culte. 

Vu le nombre de héros à la jeunesse encore méconnue, le filon n’est pas près de s’épuiser.