La dissidence de la maison Wespieser

Karine Papillaud

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A chaque métier ses rituels : dans l'édition, on publie les livres « forts » en septembre, afin de donner plus de chance à la maison d'obtenir un des grands prix littéraires de novembre. C'est la raison pour laquelle sortent, chaque année, entre 600 et 700 romans en août et septembre. Sabine Wespieser, fondatrice et directrice de la maison d'édition éponyme, a choisi quant à elle de publier le roman le plus prometteur de sa rentrée, Sur le sable de Michèle Lesbre, le 7 mai.

« C'est la volonté de l'écrivain, explique l'éditrice. Son précédent roman, Le Canapé rouge, s'est retrouvé sur la dernière liste du Goncourt et s'est vendu à 35 000 exemplaires. Mais c'est une forte pression sur un auteur. Cette année, Michèle Lesbre, qui écrit par nécessité plus que par besoin de reconnaissance, avait envie d'essayer un autre moment. Et je l'ai suivie. »

Pour trouver son public, Sur le sable va bénéficier de la longue période estivale, marquée par la pénurie des romans « littéraires » et l'affluence des poches ou des best-sellers de l'été. Tirée à 15 000 exemplaires, cette parution est un pari. Voilà pourquoi depuis la fin mars, Sabine Wespieser et son auteur font le tour des librairies françaises pour présenter l'ouvrage et faire part de leur démarche. W