Eminem va-t-il trop loin?

REVUE DE WEB Dans son dernier clip dopé à l'hémoglobine, le rappeur incarne un tueur en série ultra violent...

Sandrine Cochard

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La provocation a toujours été la marque de fabrique, pour ne pas dire le fonds de commerce, d’Eminem. Des paroles explicitement sexuelles aux remarques homophobes («The real Slim Shady») en passant par les insultes envers son ex («Kim»), le rappeur américain est un habitué des petites phrases créant l’émoi de la censure et des bonnes familles américaines. Pourtant, celui qui s’est imposé au sein du club très fermé des cadres du hip-hop par son ton mêlant efficacement humour féroce et rage en équilibre instable est aujourd’hui épinglé par plusieurs sites qui dénoncent une surenchère de violence dans son dernier clip «3 am», deuxième extrait de son nouvel album «Relapse» dont la sortie est prévue en mai prochain. Le rappeur y campe en effet un tueur psychopathe dopé à l’hémoglobine. A voir ici:
 

 
Outre la vidéo, dont la réalisation est soignée et efficace, les paroles de la chanson, dont certaines évoquent le dépeçage d’un homme avant la dégustation de son sang, sont un peu trop explicites au goût de certains. «L’histoire brutale de ''3 am'' rappelle celle de son hit ''Stan'', en 2000. Mais cette chanson est sans doute la plus sinistre du rappeur car il y détaille soigneusement la façon dont il s’y prend pour tuer tous ces gens», souligne le magazine britannique «NME». Une évolution de plus en plus sombre qui n’a pas échappé non plus au magazine américain «Rolling Stone». «Lorsqu’Eminem a prévenu ses fans que ''3 am'' serait bien plus noir que le sarcastique ''We Made You'' (premier extrait de son nouvel album à venir, ndlr), il ne plaisantait pas. Et ''plus noir'' est un euphémisme», note le magazine qui défend néanmoins le talent du chanteur. «Malgré des paroles horribles, "3 am" bénéficie du beat inspiré de Dr. Dre et la cadence infernale du flow de Slim Shady prouve qu’il a passé du temps à expérimenter sa prose.»
 
«The Boston Globe» n’est pas de cet avis. Pour le journal, cette «histoire d’horreur», bien que traversée «d’interludes lyriques», «est surtout une ''DOA''». Soit «dead on arrival» qui signifie qu'une personne était déjà morte à son arrivée à l'hôpital. «The Boston Globe» sous-entend ainsi que le chanteur, en sommeillant si longtemps depuis son dernier album «Encore» en 2004, aurait perdu son talent. Réponse le 18 mai, date présumée (après plusieurs reports) de la sortie de «Relapse».

Et vous, pensez-vous qu'Eminem va trop loin?

VIOLENCE

En France, le rappeur Orelsan a été pointé du doigt pour son clip et sa chanson «Sale pute». Une vive polémique avait même failli le priver de concert au Printemps de Bourges, où il s'est finalement produit.