Peaches à la pêche aux tubes

MUSIQUE La scène canadienne débarque en France...

B.C.

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Dieu merci, elle ne chante pas en français. La diva canadienne de l'électro-punk sort un quatrième album, I Feel Cream. Derrière des beats minimaux et des instrumentations techno-kitsch, Peaches assène, toujours avec sa verve hip-hop, des textes franchement explicites et de plus en plus lyriques.

Car en plus de son mauvais goût trash, la chanteuse, exilée à Berlin, ose cette fois des refrains pop et des mélodies au synthé. Ce qu'elle perd en vigueur contestataire, Peaches pourrait le récupérer en touchant un public plus large. Plusieurs titres de l'album semblent même taillé pour des passages en radio. Impensable il y a quelques années. Sans renoncer ni à son univers visuel délirant, ni à ses textes féministes et couillus, Peaches a lentement évolué vers une électro dansante plus accessible. Le travail sur son chant est en cela exemplaire. Entre deux sentences balancées d'une voix rauque, la chanteuse s'autorise des vocalises enjôleuses et des refrains dans les aigus. Un splendide habillage pour des rythmiques électro toujours aussi rodées pour le dancefloor. Femme à tout faire, rompue au maniement des outils de production, Peaches a cependant fait appel à quelques pointures, parmi lesquelles Soulwax, Digitalism et Simian Mobile Disco. Le mariage entre la belle Peaches et la crème de l'électro est des plus savoureux.