«L'effeuillage, ce n'est pas que se déshabiller, c'est d'abord jouer avec la personne pour qui on exécute le strip»

TEMOIGNAGE Anksa Kara, strip-teaseuse aguerrie, livre ses conseils de pro pour un week-end torride...

Mathieu Grégoire

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Anksa Kara, 24 ans, une future reine de l'effeuillage.
Anksa Kara, 24 ans, une future reine de l'effeuillage. — DR

Elle cultive des faux airs de Joséphine Baker. Strip-teaseuse professionnelle, modèle de photos de charme et parfois actrice dans des films olé olé, Anksa Kara, 24 ans, n’en finit pas de découvrir les joies de la danse et de la séduction. Arrivée toute petite dans les valises diplomatiques de son père, militaire camerounais détaché à l’ambassade de son pays à Paris, elle connaît «une adolescence rigoureuse», privée de «boums», et décide de tout plaquer la majorité à peine atteinte, un bac littéraire en poche.

Après quelques shootings, cette ancienne athlète du Stade Français se lance rapidement dans l’effeuillage sur scène et pour les enterrements de vie de garçon, au grand dam de papa, qui ne lui parle plus depuis. Ça ne se passe pas trop mal, même si elle mesure aujourd’hui le chemin parcouru: «J’ai toujours aimé bouger. Mais en ce moment, je prépare un spectacle de danse pour septembre, avec une chorégraphe classique passée par l'école Alvin Ailey et je progresse énormément sur la terminaison des gestes: savoir à quel moment il faut prolonger son mouvement ou l’arrêter, que ce ne soit pas trop net».

Pour les lecteurs et lectrices ambitieux de 20minutes.fr, Anksa Kara donne quelques petits conseils pour réussir son effeuillage. A l’heure où la pin-up Dita Von Teese élève la discipline érotique au rang d’art, où les écoles et les cours de strip-tease se multiplient, la miss nous rappelle l’essentiel.

Plus on est habillé, mieux c’est...
«Les accessoires sont fondamentaux. Bijoux (bracelets, collier), belles chaussures... Tout supplément esthétique est le bienvenu. Par exemple, pour mon spectacle, j’ai déjà pensé à un style cabaret, avec un corset, une queue-de-pie, un chapeau, des gants... Ce qui est sympa, c’est d’avoir des petits accessoires surprises. Tu enlèves un élément, le public pense que c’est bon, mais non!»

Pas besoin de tomber dans le trash

«Un strip dure en moyenne entre cinq et sept minutes. Plus on donne vite au spectateur, moins il y aura de plaisir! Plus on fait fantasmer la personne, plus elle va nous en redemander. La finalité appartient au fantasme, il faut simplement donner bribe par bribe. Côté tenue, il y a trois, quatre ans, on était dans le hot. Il y a une vraie évolution, on repart un peu dans le côté courtois de la chose, le cliché un peu “Eyes wide shut”. Je pense que c’est bien. Je m’aperçois que le public était lassé des shows devenus de plus en plus hard. On revient à quelque chose de plus sensuel, de plus scénique. L’effeuillage, ce n’est pas que se déshabiller, c’est d’abord jouer avec la personne pour qui on exécute le strip.»

Avoir confiance en soi
«Il faut aimer se mouvoir, c’est clair. Je pense que le fantasme du strip-tease est très présent chez les femmes, mais beaucoup n’osent pas. Les bijoux, les accessoires peuvent rassurer. Quand on se sent belle, la sensualité vient toute seule. Voilà la base. Etre souple n’est pas la priorité. Si on est un peu raide mais sensuelle et glamour, ça passe. Vous savez, des réflexions me sont revenues après des spectacles: j’étais trop grosse, pas assez belle, je n’avais aucune grâce quand je dansais... Je suis charnue, et certains veulent une black avec un corps de blanche. Je ne m’en suis pas préoccupée plus que ça, j’ai persévéré.»

Bien choisir sa bande son
«Toutes les musiques peuvent être utilisées. Après, ça dépend du style de la personne. Il y a des filles qui vont aimer se déshabiller sur de la house, d’autres du dancehall ou du R&B. Si on a du rythme, de l’énergie, même la techno peut faire l’affaire. Si on est dans la sensualité, que bouger est moins son truc, une musique plus lente, plus chiadée est recommandée. Personnellement, je danse sur du Beyoncé ("Déjà Vu"), Brick and Lace ("Love is wicked"), du Shakira ("Beautiful Liar"), je me sens plus à l’aise. La techno nécessite des mouvements très saccadés, et ça je ne sais pas faire.»

S’entraîner pour aller toujours plus loin
«Je me suis beaucoup améliorée avec ma chorégraphe. Je me suis décoincée, j’ai travaillé la souplesse, le jeu de jambes avec de nombreux exercices physiques. Mais aussi l’expression scénique, pour occuper l’espace comme il se doit, donner de la fluidité, de l’interface entre les mouvements, qui doivent bien s’enchaîner. J’ai redécouvert le strip-tease.»