Le festival de Cannes décide de faire « genre »

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Non, Cannes ne propose que les films tordus de cinéastes intellos. La preuve cette année, où le cinéma de genre prend ses aises sur la Croisette. Et il y a en aura pour tous les goûts. Les amoureux d'animation seront les premiers servis. Dès l'ouverture, les festivaliers s'envoleront avec Là-haut, film d'animation en relief de Pete Docter produit par Disney/Pixar. Panique au village, conte bucolique et frappadingue des Belges Stéphane Aubier et Vincent Patar défendra ensuite les couleurs de l'Europe animée.

Les cinéphiles désireux de s'offrir des émotions n'ont pas été oubliés. Bien des affiches promettent de la sueur et du sang. Pas de films japonais en lice cette année, mais deux films tournés au Japon donneront des frissons. Celui du bad boy Gaspar Noé, qui revient avec Soudain le vide, et un polar, certainement troublant, signé Isabel Coixet... Autres thrillers attendus : A l'Origine, de Xavier Giannoli, avec François Cluzet et Emmanuelle Devos. Et surtout Vengeance, le fameux remake asiatique du Cercle rouge de Jean-Pierre Melville, signé Johnny To. Le noir, c'est beau. Mais le rouge aussi affichera la couleur. Via un film de vampires signé Park Chan-wook, le réalisateur d'Old Boy, et joliment intitulé Thirst, ceci est mon sang. Mêmes causes, mêmes effets, mais hors compétition avec Sam Raimi qui renoue avec le cinéma d'horreur pour Drag me to Hell.

Plus psychologique, mais non moins excitant, le film fantastique de Marina de Van Ne te retourne pas, où Monica Bellucci se retrouve dans la peau de Sophie Marceau et vice-versa. Et plus délirant encore, le déjà mythique Imaginarium of Dr. Parnassus de Terry Gilliam où le regretté Heath Ledger, mort en court de tournage, se métamorphose dans le script en Johnny Depp, Jude Law et Colin Farrell à la fois ! W

C.V. et S.L.