Les professionnels du cinéma condamnent le gommage de la pipe de Monsieur Hulot

POLEMIQUE La Société des Réalisateurs français et le Syndicat de la Critique de Cinéma veulent de nouvelles affiches... Avec la pipe originelle du personnage de Jaques Tati...

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Sur l'affiche annonçant la rétrospective Jacques Tati, M. Hulot avait égaré sa pipe à la mi-avril 2009.
Sur l'affiche annonçant la rétrospective Jacques Tati, M. Hulot avait égaré sa pipe à la mi-avril 2009. — 20minutes.fr

Le monde du cinéma s’érige contre le remplacement de la pipe de Monsieur Hulot par un moulin-à-vent sur les affiches de l’exposition Jacques Tati placardées dans le métro et sur les bus.
 
La Société des Réalisateurs français (SRF) et le Syndicat de la Critique de Cinéma ont demandé lundi à la RATP et Métrobus de refaire les affiches «en respectant l’image originelle, telle que l’a voulue l’auteur» et de procéder, à leurs frais, à la mise en place d’une nouvelle campagne.
 
«Cette censure sanitaire conduit à un révisionnisme insupportable touchant l’art et la culture», expliquent la SRF et la SFCC. «En affichant sur les murs du métro parisien et les avants de bus, une photo de Monsieur Hulot censurée, c’est-à-dire débarrassée de la célèbre pipe éteinte, Métrobus a présenté une image détournée et altérée qui porte atteinte à l’intégrité et à l’esprit de l’œuvre de Jacques Tati, ce qui constitue une infraction prévue dans le code de la propriété intellectuelle.»
 
Pas le droit de fumer?


De son côté, Métrobus, la régie publicitaire de la RATP, a assuré s'être bornée à une application scrupuleuse de la loi en vigueur et conformément à une «jurisprudence constante». Or le Comité national contre le tabagisme (CNCT), chargé de saisir la justice en cas d’infraction, considère qu’il «n’y a pas faute» par rapport à la loi Evin. «Il y a promotion d’un événement culturel, pas du fait de fumer. Ce n’est pas parce que vous voyez M. Hulot sur son solex, avec son chapeau et sa pipe que vous allez avoir envie de fumer», explique Yves Martinet, président du CNCT, à 20minutes.fr.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel cas de figure se présente. En 1996, un timbre représentant l’écrivain André Malraux et sa cigarette avaient été retouchés par la Poste. En 2005, c’est au philosophe Jean-Paul Sartre qu’avait été enlevé un mégot, lors d’une exposition à la Bibliothèque nationale de France.