Depeche Mode ne monte pas les sons

Benjamin Chapon

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Ils ont essuyé bien des tempêtes. Sortis indemnes - ou presque - des phases new wave, pop à synthé puis électro à guitares, les membres de Depeche Mode poursuivent leur chemin sur la route escarpée du show-business. Trente ans après leurs débuts, ils sortent leur douzième album, Sounds of the Universe. « Nous ne pensons pas au passé, explique Andy Fletcher. C'est excitant de savoir que nos chansons sont très attendues, mais cette pression ne nous paralyse pas. Au contraire. »

Comme pour les derniers albums du groupe, Martin Gore a cédé une partie des compositions au chanteur Dave Gahan. « C'est un processus tout à fait naturel. On ne parle pas de direction à suivre ou à ne pas suivre. On fait juste des chansons, du mieux possible. » Peu de pépites cependant dans ce nouvel opus, mis à part, peut-être, le puissant titre inaugural, In Chains, l'efficace single Wrong et la ballade sombre Jezebel. Depeche Mode semble atteint du syndrome U2 : une lassante facilité. Sans surprise, ni bonne ni mauvaise, Sounds of the Universe est un album réussi, comme prévu. « Notre musique sonnera toujours Depeche Mode, s'agace un peu Andy Fletcher quand on lui fait cette remarque. Mais j'ai la faiblesse de croire que nous nous améliorons sans cesse. Travailler ensemble est devenu très facile depuis que nous avons mis au placard nos problèmes d'ego et de drogues. Il y a une forme d'abandon et de grande intimité. »

Dinosaures, témoins de maints bouleversements dans la façon de faire de la musique, les Depeche Mode continuent d'expérimenter les textures sonores, même dans un album mineur. « Martin fait la collection de vieux synthétiseurs analogiques, s'amuse Andy Fletcher. Il en achète sans arrêt sur Internet et quand il les reçoit, il est excité comme un gosse. Leurs sons sont une inspiration. C'est aussi ça le sens du titre de l'album : les sons sont notre univers. » W