«Madame Bovary» se met à l'heure du Net

CULTURE Les 4.500 feuillets manuscrits du célèbre roman de Gustave Flaubert sont en ligne depuis mercredi. En tout, 9.000 pages pour plonger dans l'oeuvre...

Sa. C. avec agence

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  — AFP

C’est un incroyable défi que vient de relever Yvan Leclerc. Ce professeur de lettres modernes, à l'université de Rouen, a piloté un projet un peu fou avec la Bibliothèque municipale: numériser les 4.500 feuillets manuscrits du célèbre roman de Gustave Flaubert, «Madame Bovary», paru en 1857. Le résultat (9.000 pages en tout, puisque chaque feuillet est accompagné de sa transcription en vis-à-vis) est disponible en ligne depuis mercredi, grâce à un minutieux travail qui a duré deux ans et demi.
 
Ce travail de fourmi a mis a contribution 130 personnes bénévoles, âgés de 16 à 76 ans, et issus d'une douzaine de pays (Portugal, Autriche, Belgique, Colombie, Côte d'Ivoire, Nouvelle-Zélande...).
 
«Aventure humaine»
 
A l'origine, seuls les professeurs de lettres étaient invités à participer à cette «aventure humaine», mais très vite, les artisans du projet n'ont pas vu d'inconvénients à élargir l'éventail à tous les passionnés de Flaubert. «Personne dans une vie n'aurait pu mener à bien un tel chantier en sachant qu'il faut entre trois et dix heures pour déchiffrer un feuillet de Flaubert», explique Yvan Leclerc à l’AFP. «On trouve aussi bien des élèves de seconde qu'une femme de ménage, une assistante sociale et même un prospecteur de pétrole», renchérit Danielle Girard, une professeure de lettres qui a coordonné cet aspect du travail.
 
Tous ont travaillé sur les documents relatifs à «Madame Bovary» déposés en 1914 à la Bibliothèque municipale de Rouen par la nièce de Flaubert. Ils comprennent non seulement les manuscrits de l'auteur mais aussi les plans et scénarios, les brouillons et la version bien calligraphiée du copiste avant sa remise à l'éditeur.
 
«Madame Bovary», est un roman qui décrit avec férocité les moeurs de la petite bourgeoisie de province sous le Second empire. Flaubert consacra cinq ans de sa vie à écrire cet ouvrage qui fit scandale et lui valu des poursuites pour «outrage à la morale publique et religieuse».