Maurice Druon, ce héraut de la langue française

P.B. avec AFP

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L'écrivain et académicien Maurice Druon à sa sortie de l'Elysée, le 22 octobre 2007.
L'écrivain et académicien Maurice Druon à sa sortie de l'Elysée, le 22 octobre 2007. — MEIGNEUX/SIPA

Certains l’ont découvert, enfant, avec «Tistou les pouces verts». D’autres, ado, avec «Les Rois maudits». Certains retiendront son «Chant des partisans». Ancien ministre des Affaires culturelles, romancier et essayiste, l’académicien Maurice Druon est mort mardi, à presque 91 ans.

 

Né le 23 avril 1918 à Paris d'un père russe originaire de l'Oural, lauréat du concours général en 1936, diplômé d'études supérieures de Lettres, Maurice Druon suit les cours de l'Ecole libre des sciences politiques.

 

Elève officier de cavalerie à Saumur, combattant en 1940, il s'évade de France en 1942, et s'engage dans les Forces Françaises Libres à Londres. Il y rencontre le général de Gaulle et participe aux émissions de la BBC («Honneur et Patrie»). Gaulliste de coeur, il est l’auteur, avec son oncle, Joseph Kessel, des paroles du  «Chant des partisans», hymne des maquisards en lutte contre l'occupant allemand.

 

A la sortie de la guerre, il obtient le Prix Goncourt en 1946 pour «Les grandes familles». Sa saga historique populaire, en sept volumes «Les rois maudits», débutée en 1955, l’occupera sur une vingtaine d’années.

 

Benjamin de l’Académie Française

 

Lors de son élection en 1966, il devient le benjamin de l'Académie Française. Depuis la mort d’Henri Troyat en 2007, il en était le doyen d’élection. Lors de son mandat, il a toujours fait de la langue française une affaire d'Etat : lorsqu'il la jugeait attaquée, il citait Louis XV, selon lequel les «règlements successivement faits» par l'Académie avaient été confirmés afin de «leur donner force de loi».

 

L’Etat, il en devient un acteur en avril 1973, au poste de ministre des Affaires culturelles, sous la présidence de Georges Pompidou. Il créé le Conseil supérieur des Lettres et le Centre national des Lettres.

 

Membre du conseil politique du RPR (1979-1980), député RPR de Paris (1978-1981), il est élu à l'Assemblée des communautés européennes en juin 1979, mais démissionne un an plus tard.

 

Essayiste («La Culture et l'Etat», 1985), dramaturge («La Contessa», 1961), il est élu secrétaire perpétuel de l'Académie française en novembre 1985. Il démissionne de cette fonction en octobre 1999 et publie encore plusieurs essais, dont «Ordonnances pour un Etat malade» (2002) et «Le Franc-parler» (2003).

 
Maurice Druon était grand'croix de la Légion d'honneur.
 


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