L'irrésistible effet « Boomerang »

Karine Papillaud

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Un phénomène peut en cacher un autre. Après le succès mondial, en 2007, de son roman Elle s'appelait Sarah, qui se passait en France au moment de la rafle du Vél d'Hiv, Tatiana de Rosnay publie Boomerang (Ed. Héloïse d'Ormesson), un roman complètement différent mais aussi irrésistible que le précédent. Boomerang raconte l'histoire d'Antoine Rey, un architecte quadragénaire quitté par sa femme, malmené dans son travail, tétanisé par ses deux ados, qui se retrouve confronté à de vieux secrets de famille au moment où sa soeur manque de mourir dans un accident de voiture. Et ce n'est que le point de départ d'une histoire familiale à rebondissements, contemporaine en diable.

Servi par une plume allègre, un sens du dialogue affirmé et une finesse psychologique malicieuse, Boomerang doit beaucoup à l'un de ses personnages secondaires, sauvage et séduisant : Angèle Rouvatier aux cheveux longs et noirs, embaumeuse de son métier, est le catalyseur énigmatique qui transforme cet Antoine un peu loser en vrai mec. « J'avais envie d'un personnage féminin qui ne ressemble à aucune de mes précédentes héroïnes, explique l'auteur. Angèle est une battante, sensuelle et attirante, qui pilote une Harley Screamin Eagle Fat Boy. » Tatiana de Rosnay a enquêté auprès de vraies thanatopractrices pour camper un personnage si fort qu'il crève le papier. Au point d'avoir son profil sur Facebook avec déjà plusieurs centaines de friends ! « Une amie a rencontré son clone, sur sa Harley, dans Paris », s'amuse Tatiana de Rosnay, un peu troublée. Cette piquante quadragénaire « poivre et sexe », comme elle nomme malicieusement sa chevelure, est en passe de devenir l'un des auteurs préférés des Français.

Elle s'appelait Sarah, vendu à un million d'exemplaires dans le monde, traduit dans trente pays, sera d'ailleurs porté à l'écran cet été. ■