François Missonnier: «Pour Rock en Seine, c'est vital d'avoir la seule date française de MGMT ou de Faith No More»

INTERVIEW Le programmateur du festival dévoile sa stratégie...

Boris Bastide

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Le festival Rock en Seine
Le festival Rock en Seine — CAPMAN VINCENT/SIPA

Rock en Seine dévoile mercredi une bonne moitié de sa programmation pour l’édition 2009 qui se tiendra au parc de Saint-Cloud du vendredi 28 au dimanche 30 août. Au menu: des groupes phares des années 1980 et 1990 (Oasis, The Prodigy, Faith No More, Madness, The Offspring…) et l’excitante jeune garde des années 2000 (MGMT, Vampire Weekend, Bloc Party, Sliimy...). Une septième édition décryptée par le créateur et programmateur du festival, François Missonnier.

Retour sur l’édition 2008

«Je ne peux pas garder un bon souvenir de l’an passé. La page ne pourra être tournée qu'à la fin de l'édition 2009. Concernant l'annulation d'Amy Winehouse, les choses ne sont pas soldées. Une procédure judiciaire est en cours. Elle n'a pas justifié son annulation et une semaine après on la voit sur scène à un autre festival. On a subi un préjudice dont on attend réparation. Une compensation est prévue pour les festivaliers qui avaient été déçus. Ils ont encore quelques semaines pour se manifester et bénéficier d’un avoir de 18 euros sur l'édition 2009.»

Une programmation équilibrée


«Le premier des critères, ce n'est pas l'argent. C'est la disponibilité. 90% des choses qui ne se font pas, c'est à cause de ça. C'était le cas de Vampire Weekend l'an dernier, qu'on rattrape cette fois-ci. On veut rester fidèle à un certain éclectisme. Mon étalon, c'est la journée du vendredi de l'édition 2004. Sur la grande scène, on avait enchainé The Roots, Sonic Youth, les White Stripes et les Chemical Brothers. Et le public, il avait pris son pied du début à la fin. C’est vers ça qu’il faut tendre.»

Privilégier l’inédit

«Etre à Paris, c'est une chance et une difficulté. On a un gros bassin de population, mais il y a 15.000 concerts par an. Il faut que l’on propose des groupes que l'on n'a pas trop vus ailleurs. En général, on fait en sorte de demander aux artistes de choisir. On a eu la discussion cette année avec Ginzhu. Ils ont préféré faire un Zénith. Pour nous, c'est vital d’avoir la seule date française de MGMT ou de Faith No More.»

Du bouche-à-oreille et des rencontres

«On n’a plus besoin d'expliquer qui on est. Le meilleur bouche à oreille vient des groupes qui ont déjà joué. L'agent de Bjork, c'est aussi celui de Massive Attack, qui nous avait fait confiance la première année. Jack White, il vient tous les deux ans. Il est dans ses chaussons ici. Faith No More nous a demandé cette année si on était intéressé. Bien sûr qu'on l'était! Après, il y a le cachet. Jamais je ne me ferai plaisir en mettant en danger la survie du festival. J'aurai adoré avoir Bruce Springsteen comme les Vieilles Charrues, mais je n'ai même pas demandé. Je sais que ce n'est pas possible.»

La concurrence entre festivals

«Il y a beaucoup de discussions sur la surenchère des cachets. La meilleure nouvelle pour moi de cet été, c'est Blur à Fourvière. C'est leur seule date française, et s'ils vont là-bas, c'est simplement parce que Damon Albarn a eu un coup de cœur pour l'endroit. J’aurai vraiment adoré les programmer, mais ne pas les avoir dans ces conditions, c'est une bonne nouvelle. Pour moi, il n’y a pas de concurrence entre les festivals. Quand les festivals du début d'été marchent bien, Rock en Seine marche bien. Je ne demande qu'une chose, c'est que les festivals du début d'été cartonnent.»

Demandez le programme
Vendredi: Oasis, Bloc Party, Madness, Amy MacDonald, Vitalic (live), Vampire Weekend, Just Jack, James Hunter.
Samedi: Faith No More, The Offspring, Birdy Nam Nam, Kitty Daisy and Lewis, Esser.
Dimanche: The Prodigy, MGMT, Eagles of Death Metal, Sliimy, Sammy Decoster, Robin McKelle, Baba Maal.