Le festival de Monsieur Hulot

Stéphane Leblanc

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Dans la peau de Jacques Tati, le temps d'une expo. Même la pipe et le manteau sont là, derrière des vitrines. Le parcours proposé par Macha Makeïeff et Stéphane Goudet à la Cinémathèque (12e) invite à une déambulation ludique et culturelle. Tout Tati y est. Ses films et leurs affiches, décors et objets familiers. Son âme aussi : les oeuvres qui l'ont marqué ou celles d'artistes qu'il a influencés.

Surtout, il est donné au visiteur de jouer au personnage d'Hulot arpentant les couloirs de Playtime, grâce à un dédale de métal et de verre. Au risque de se cogner, comme lui, aux parois vitrées, en observant les immeubles au loin, à travers un hublot. Et puis il y a les voitures de Trafic, les objets ménagers de Mon oncle, les équipements sportifs des Vacances de Monsieur Hulot, le vélo de François, le facteur de Jour de fête, qui tourne avec un grand cheval de bois. « L'idée, explique Macha Makeïeff, c'est de remonter le temps comme un manège. » Celui des fêtes foraines, ou de l'embouteillage de la fin de Playtime. « Quand le public sort de la salle [d'expo], le film peut commencer », selon un voeu de Tati que Stéphane Goudet a voulu concrétiser. La Cinémathèque propose une rétrospective jusqu'au 2 août. Et des extensions sont offertes au Centquatre, aux Arts déco, dans les Fnac et au théâtre de Chaillot. ■