Orelsan se défend face aux critiques

CULTURE Le rappeur de Caen est programmé au Printemps de Bourges. Un scandale, estiment des blogueuses...

Alice Antheaume

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Le rappeur Orelsan
Le rappeur Orelsan — (c) Manuel Lagos Cid / Figure

Le rappeur Orelsan ne plaît pas à ces dames blogueuses, qui s’énervent contre sa programmation au Printemps de Bourges, en avril prochain. En cause: sa chanson «Sale pute», dont les paroles ne sont pas piquées des hannetons. Orelsan y raconte sa fureur d’avoir été trompé par sa «poupée» et lui balance des insultes pendant les trois minutes que dure le titre: «Je croyais que tu étais différente des autres pétasses (...) On verra comment tu fais la belle avec une jambe cassée (...) Tu n’es juste qu’une truie, tu mérites ta place à l’abattoir (...) On verra comment tu suces quand je te déboîterai la mâchoire».



Forcément, mises à l’écrit ainsi, les paroles frappent par leur violence. C’est du second degré, expliquent certains de ses fans, arguant qu'Orelsan chante, dans un autre morceau, «No Life», qu’il ne sait pas dire «je t’aime sans bégayer».

L'appel des blogueuses


Qu’importe, pour les blogueuses, c’est un «appel à la violence conjugale». «Qu'une chanson comme celle-là soit encore sur YouTube est déjà choquant, mais les bras m'en tombent quand j'apprends que ce chanteur est au programme du Printemps de Bourges», condamne, sur son blog, Olympe. «Orelsan fait l'apologie de la torture et de la barbarie», ajoute Emelire. Elles ont donc demandé au Printemps de Bourges de déprogrammer l’artiste. Mais cela n’est pas tout: elles ont aussi fait part de leur choc à la Halde, à Valérie Letard, secrétaire d'État à la Solidarité ainsi qu’à l’association des Elues contre les violences faites aux femmes. Et appellent les internautes à faire comme elles.

Liberté d'expression

Joint par 20minutes.fr jeudi matin, Orelsan ne souhaitait pas répondre «dans la précipitation». Un peu plus tard dans la journée, ses conseillers en communication ont rédigé un communiqué: «Ce texte met en scène un jeune homme qui, apprenant que sa petite amie l'a trompé, décide de noyer son chagrin et sa colère dans l'alcool. Sous influence, il se met alors derrière son ordinateur et écrit cette lettre en forme d'exutoire de la passion qui le dévore. Nous sommes alors exclusivement dans l'expression d'une pulsion que toute personne à qui ce type de mésaventure serait arrivé aurait pu être amené à ressentir dans ce genre de situation. En aucun cas ce texte n'est une lettre de menaces, une promesse de violence ou une apologie du passage à l'acte. Comme toute création artistique, aussi violente soit elle, cette narration ne peut et ne doit pas être sortie de son contexte». Le communiqué indique aussi la chanson «Sale pute» ne figure dans aucun des albums de Orelsan et qu'il ne la joue pas sur scène, «conscient qu'elle puisse heurter».

Pas de déprogrammation

Sur le site Web du Printemps de Bourges, la présentation du rappeur annonçait d'ores et déjà la couleur: «Revendiquant ses quatorze ans d'âge mental, ses humeurs de cancre assis au fond de la classe et son mental de puceau frustré, Orelsan a tout pour agacer les bien-pensants.»

Les organisateurs l'ont confirmé: «nous ne déprogrammerons pas Orelsan car nous assumons nos choix artistiques». D'après les organisateurs, la plupart des textes du rappeur reflètent «une génération (celle des 20 ans) un peu perdue et désabusée».

Réactions Valérie Létard s'est indignée à son tour contre la chanson d’Orelsan qui, selon elle, «incite à la violence envers les femmes». La secrétaire d'Etat à la solidarité «en appelle à la responsabilité des dirigeants des sites de vidéo en ligne pour qu’ils retirent immédiatement le clip incriminé du rappeur».