Un label «Institut français» au secours du réseau culturel français à l'étranger

DIPLOMATIE C'est l'une des initiatives de la réforme du Quai d'Orsay orchestrée par Bernard Kouchner...

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Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, sera ce week-end au Tchad pour assister dimanche à la passation de pouvoirs entre la force européenne Eufor déployée au Tchad et en Centrafrique et la Mission de l'ONU (Minurcat), a annoncé vendredi son ministère.
Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, sera ce week-end au Tchad pour assister dimanche à la passation de pouvoirs entre la force européenne Eufor déployée au Tchad et en Centrafrique et la Mission de l'ONU (Minurcat), a annoncé vendredi son ministère. — Eric Feferberg AFP/Archives

Voilà sept mois que le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a annoncé qu’il allait réformer son ministère, le Quai d’Orsay. Une réforme d’envergure, qui comprend la redéfinition du rôle des ambassadeurs, leur rajeunissement, et une meilleure organisation administrative du ministère à Paris. Un plan dont le ministre a donné les grandes lignes ce mercredi midi.
 
L’un des points de cette réforme, c’est aussi le volet culturel - car c’est le quai d’Orsay qui a pour mission de faire connaître, à l’étranger, les œuvres françaises (livres, films, théâtre, etc) et qui gère le réseau des ambassades, centres culturels français et alliances françaises dans le monde.

Or jusqu’à présent, la culture n’a pas été la chouchoute de Kouchner, misant plutôt sur l’humanitaire et l’aide au développement. «Libération» rappelle que «la réorganisation du réseau culturel s’est d’abord traduite par une cure d’austérité: fermetures d’instituts français, mise en vente d’une partie du patrimoine immobilier, suppressions de postes». Et surtout, des coupes budgétaires massives, dont se sont plaints nombre d’acteurs culturels à Christine Albanel, l’année dernière.

Label France

Selon les premières informations dont on dispose, un label «Institut français» va être créé. Le but: mieux vendre la culture française à l'étranger, selon l’entourage de Kouchner. Concrètement, l’expression «Institut français» devrait être apposée aux centres culturels dans le monde, de manière à donner un «label» à l'exportation de la culture française à l'étranger, à l'instar de ce qui existe avec les instituts allemands Goethe, espagnols Cervantes ou anglais British council

Une agence en plus

Là où cela se complique, c’est que ce nom, «Institut français», sera aussi celui d'une agence qui devrait naître à Paris, avec des moyens renforcés débloqués par le gouvernement «à la demande» de Bernard Kouchner, détaille le dossier consacré à la réforme. Le montant de ces moyens? 40 millions d'euros, a lancé le ministre. De quoi installer la «présence française» à l'extérieur via «arts de la scène, cinéma, littérature, arts plastiques, ou encore animation du débat avec nos partenaires étrangers sur les enjeux du village planétaire (développement,climat...)», a ajouté Kouchner. Jusqu'alors, la politique culturelle extérieure de la France, c’était le rôle de Cultures France, dirigé par Olivier Poivre d'Arvor, le frère de PPDA. Toujours selon «Libération», Olivier Poivre d’Arvor aimerait bien chapeauter cette agence.

Mais pour définir tout à fait le rôle de celle-ci, le Quai d’Orsay attend les recommandations d'une mission d'étude d’ici juillet, où seront organisés des Etats généraux sur le sujet, avant un projet de loi. Il s'agit «d'une évolution majeure» pour que «la France soit plus forte, plus efficace, plus audacieuse», a résumé Kouchner.