Tezuka, dieu plus vivant que jamais

Olivier Mimran

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D'Astro Boy au Roi Léo, de Black Jack à Princesse Saphir, tout le monde connaît au moins un personnage d'Osamu Tezuka. Et pourtant, ceux-ci ne sont qu'une goutte d'eau dans l'océan créatif de ce mangaka et animateur hyperproductif, disparu en février 1989. Il est l'immense auteur de 700 récits totalisant plus de 170 000 planches !

En Asie, et notamment au Japon dont il est natif, où on le surnomme « le dieu du manga », c'est l'équivalent d'Hergé pour la bande dessinée ou de Disney pour le dessin animé. Etrangement, Tezuka demeure peu connu du grand public occidental... C'est assez injuste, dans la mesure où il demeure un auteur essentiel, qui a inventé les codes (graphiques et scénaristiques) du manga moderne. Alors quoi de plus normal, vingt ans après sa mort, que de nombreux hommages éditoriaux lui soient rendus en France et par le monde ? Les éditions Kana publient justement, ces jours-ci, deux titres majeurs de l'oeuvre « Tezukienne » : Gringo, qui fut l'une des dernières séries sur lesquelles travailla le maître (il n'en vit d'ailleurs jamais la publication), et le premier tome d'une anthologie consacrée au petit robot Astro Boy, le héros le plus universellement connu de Tezuka.

Créé en 1952, Astro évolue dans un futur où se côtoient humains et androïdes. Abandonné par son créateur, il met ses super-pouvoirs au service de la justice. Série emblématique de l'humanisme qui habitait son auteur - lequel exhortait ses lecteurs à « aimer toutes les créatures vivantes » -, cette anthologie presque enfantine, qui s'adresse à tous publics, est composée de six récits complets et s'avère une introduction idéale à une oeuvre ô combien monumentale ! ■