Le Reader de Sony passe au test

LIVRE NUMERIQUE C'est gris et ça ne fait pas mal à la tête... Mais ça ne se connecte pas au Net...

Alice Antheaume

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Le Reader de Sony
Le Reader de Sony — DR

Au Salon du livre qui ferme ses portes ce mercredi, un espace de 1.500 m2 - sur 51.000 m2 – était dédié aux «Lectures de demain». Reader de Sony, Kindle d'Amazon, Cybook, I-rex, et le petit dernier, le Polymer Vision Readius avec sa bande écran souple que l'on déroule pour lire: tous permettent de bouquiner sur un écran sans avoir l'impression de lire sur un... écran.
 
Depuis le temps que l'on parle du livre numérique, 20minutes.fr a testé le Reader de Sony. La qualité de lecture y est étonnante. Pas de lumière éblouissante ni de blanc criard, qui réfléchit le soleil dans la rétine. Cela n'a l'air de rien, mais l'absence de rétro éclairage combiné à la technologie E link - qui permet de reconstituer la qualité du papier - réconcilie avec l'écran ceux qui souffrent de migraine après quelques heures devant l'ordinateur.

Gris

En revanche, quelle tristesse, niveau interface! Tout est gris - le texte, les images, la page, même les photos de famille stockées, selon une échelle colorimétrique allant du gris blanc au gris noir. Le décalage est violent par rapport à d'autres écrans comme les smartphones ou les baladeurs numériques du marché. Comme si l'on vous disait «chuuuuuuuut, on entre dans une salle de lecture», une vraie…

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Ce qui déroute le plus, surtout les possesseurs d'iPhones, Gphones et autres téléphones tactiles, c'est justement que l'écran du Reader n'est pas tactile. Pour tourner les pages du livre choisi ou du PDF transféré depuis son ordinateur jusqu'au terminal, il faut appuyer sur les boutons situés à côté de l'écran. Un bouton «suivant», un bouton «précédent», et la possibilité de «bookmarker» autant de pages qu'on le souhaite, comme si l'on faisait une corne à son livre.

Et surligner? Impossible. Cliquer sur un mot pour se rendre sur le Net? Non plus. Sony a déjà promis que d'autres modèles allaient suivre, lesquels prendraient en compte l'envie des utilisateurs d'annoter et surligner le texte et devraient bénéficier d'un écran tactile. 

Catalogue

Philippe Citroën, directeur général de Sony France, préfère souligner une autre faiblesse: «Pour le moment, le seul point négatif du livre numérique est le petit catalogue d'oeuvres disponibles. Environ 4.000.» Un nombre qui va augmenter, puisque le e-Book store (site de téléchargement de livres) permettra l'accès à plus d'un demi-million de titres tombés dans le domaine public numérisés par Google, et optimisés pour l'appareil Reader, a écrit Sony dans un communiqué. De plus, les éditions Gallimard et le groupe La Martinière (Seuil, Editions de la Martinière) viennent d'annoncer le lancement d'une plate-forme commune de distribution de livres numériques pour l'automne prochain.

Le patron de Sony France assure que «le produit est enfin abouti technologiquement, grâce à une capacité de stockage équivalente à 160 livres sur la mémoire interne et à une bonne autonomie». De fait, le fabriquant assure que l'on peut lire - et tourner - 6.800 pages sur le Reader avant de le recharger. Le prix du Reader? 300 euros. Un prix un poil trop élévé, pour un terminal qui ne permet pas d’accéder au Net.