Alain Bashung «rejoint au firmament Brel, Barbara, Brassens et Ferré»

REACTIONS Après la mort du chanteur samedi, le monde politique et culturel salue un «immense artiste». Vous avez également réagi...

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Alain Bashung, l'un des chanteurs les plus importants de la scène musicale française, est mort samedi à 61 ans des suites d'un cancer du poumon, deux semaines après avoir triomphé aux Victoires de la musique.
Alain Bashung, l'un des chanteurs les plus importants de la scène musicale française, est mort samedi à 61 ans des suites d'un cancer du poumon, deux semaines après avoir triomphé aux Victoires de la musique. — Bertrand Guay AFP/Archives
Nous vous avons demandé de rendre hommage à Alain Bashung. Mome se dit fan de ses textes, «plus que cela, de la poésie, du mystère...» Namorita apprécie sa modestie: «Bashung était un artiste discret et pudique, il ne suffit pas de passer tous les jours à la télé pour être un grand artiste». Pour Tintin79, Bashung était le «genre d'artiste qui n'avait rien à craindre du téléchargement illégal».

D’autres n’appréciaient pas la musique de Bashung. Lao, par exemple: «je dois dire qu'il m'a toujours laissé totalement indifférent. (…) Je suis totalement insensible à l'atmosphère qu'il créait (que je qualifierai de pleurnicharde)». Crooner-fan n’aimait gère sa musique, mais lui reconnaît «un grand talent parce qu'il avait de la personnalité!»

Certains trouvent qu’on en fait un peu trop… «Pourquoi pas un "champion intergalactique", ou le "dernier héros de l'humanité"? A force de s'auto-intoxiquer à l'émotionnel, on va voir des gens qui le connaissaient à peine qui vont réclamer sa canonisation immédiate», souligne Obural.


Pascal Nègre: «Alain Bashung était un des derniers géants de la chanson française. Il rejoint au firmament Brel, Barbara, Brassens et Ferré. C'était un artiste atypique et complet, un chercheur musical, un chanteur, un parolier et un comédien. Quand il préparait un album, l'essentiel pour lui était les textes. C'était un esthète absolu, avec un univers unique», affirme le président d'Universal Music France, qui produisait les disques d'Alain Bashung sous le label Barclay.

Bertrand Dicale: pour le journaliste à «Chorus», Alain Bashung laissera «une trace immense» dans l'histoire de la musique hexagonale. «Il a exploré toutes les voies possibles du rock et toutes les voies possibles de la chanson française, ensemble et en même temps», a-t-il affirmé sur France Info. «C'était à la fois un chercheur et un chanteur qui touchait le grand public». Régine: «Je ressens une peine terrible. Il était si jeune. Alain était l'un de nos plus grands chanteurs, mais aussi un homme formidable et discret. Des Victoires (de la musique), il en aurait mérité à chaque cérémonie», indique la chanteuse.

Bénabar: le chanteur a salué dans le 20 heures de France 2 «un immense artiste, quelqu'un de différent des autres, un modèle, un immense personnage, accessible, incroyablement humble, à la carrière et au répertoire riches».

Christine Albanel: «Immense artiste, il laisse à la chanson française une oeuvre forte, sensible, souvent mélancolique, qui résonnera longtemps dans nos coeurs et nos mémoires», commente la ministre de la Culture dans un communiqué en faisant part de sa «vive émotion». «Depuis de longs mois, il se battait avec panache contre la maladie; continuant à se produire sur scène comme lors des dernières Victoires de la musique où le public lui avait rendu un hommage bouleversant», poursuit-elle. «Durant sa carrière, Alain Bashung a su constamment explorer de nouveaux univers musicaux avec des compositions et des textes aussi divers que subtils», ajoute-t-elle.

Jack Lang:
«Je suis bouleversé par la mort d'Alain Bashung. Jusqu'au bout, il aura été un lutteur, un combattant de la vie, de la beauté, de l'amour, de la poésie. Jusqu'au bout, il aura exprimé avec noblesse et générosité un message d'ouverture au monde», affirme dans un communiqué l'ancien ministre PS de la Culture. «Son écriture dense, à fleur de peau, singulière, sa présence scénique puissante auront fait de lui l'un des maîtres de la scène contemporaine», ajoute Jack Lang pour qui «Alain Bashung restera à jamais comme une icône de notre temps, à offrir en exemple aux nouvelles générations».

 

Nicolas Sarkozy: «C'est un prince qui ce soir nous a quittés, un immense poète, un chanteur engagé», a réagi le Président dans un communiqué. «Homme de scène et de studio, Alain Bashung avait créé un univers musical à l'esthétique sombre et élégante», a-t-il ajouté. «Il écrivait des élégies baroques, les habitait, puissantes, mélancoliques, violentes parfois. On pouvait être dérangé, mais on était toujours charmé», a encore dit le le chef de l'Etat. «Alain Bashung était généreux avec son public, se montrait délicat, presque timide, protégé par ses lunettes noires, son chapeau et son harmonica», poursuit-il. «Il avait dominé les dernières Victoires de la Musique de la tête et du coeur, a-t-il rappelé, et sans le savoir les Français, ce soir là, lui avaient dit au revoir.»

François Fillon: «Le public se souviendra de lui comme le gentleman rocker de la chanson française», a souligné de son côté le Premier ministre. «Cette disparition qui intervient quelques jours seulement après une cérémonie historique des Victoires de la Musique qui l'a vu être récompensé de 3 trophées, n'en est que plus émouvante», ajoute-t-il. «Celui qui restera dans la mémoire et l'oreille des Français comme étant l'auteur de "Vertiges de l'amour", "Osez Joséphine" a connu un immense succès populaire sans jamais se départir d'une recherche d'esthétique et d'exploration d'un univers qui lui était très personnel», écrit-il encore.

Betrand Delanoë: «Avec lui notre pays perd un grand artiste. Compositeur, comédien, chanteur, cet enfant du rock avait su créer un univers singulier et aura noué une relation intime avec son public au fil de titres comme "Gaby", "Vertiges de l'amour" ou "Osez Joséphine", écrit le maire (PS) de Paris dans un communiqué. Pour Bertrand Delanoë, «l'amour et le respect qu'il portait à son public l'ont maintenu debout malgré la maladie, qu'il a combattue avec une dignité et un courage exceptionnels».

Ségolène Royal: «Musicien de grand talent, poète à la voix demeurée d'une grande pureté, même après les ravages de la maladie, il avait également une formidable présence sur scène», écrit la présidente (PS) de la Région Poitou-Charente dans un communiqué. «Sa dernière tournée, finalement une tournée d'adieux et de refus de céder à la souffrance, a donné une immense émotion à tous ceux qui ont eu la chance de le voir en concert. Ce fut mon cas à La Rochelle en Poitou-Charentes, sur la scène des Francofolies, l'été dernier», poursuit-elle.

Frédéric Lefebvre: «La mort d'Alain Bashung sonne comme un coup de tonnerre. C'est un grand monsieur qui nous quitte», écrit le porte-parole de l'UMP. «Il croisa avec bonheur la route de Serge Gainsbourg. Qu'il serre sur son coeur le magnifique hommage que lui a rendu toute la profession et le public aux Victoires de la musique», poursuit-il.

Et vous? Quel hommage souhaiteriez-vous rendre à Bashung? Dites-le nous-ci dessous...