Le mot de trop de Christine Albanel

INTERNET La ministre de la Culture a prononcé le mot «Gestapo», générant les hurlements de l'opposition...

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Pour déminer le terrain, Christine Albanel doit rencontrer les députés UMP mercredi en début d'après-midi.
Pour déminer le terrain, Christine Albanel doit rencontrer les députés UMP mercredi en début d'après-midi. — Bertrand Guay AFP
La langue de Christine Albanel a-t-elle fourché, à l'Assemblée nationale, à la séance de mercredi soir sur le projet de loi Création et Internet? Excédée par les questions de procédure de l'opposition, la ministre de la Culture a pris la parole: «Je suis accablée par toutes les caricatures sur tous les bancs et par l'obstination qui consiste à présenter l'Hadopi comme une sorte d'antenne de la Gestapo particulièrement ridicule.»

Une phrase qui a aussitôt suscité une pluie de sifflements. La ministre de la Culture a eu beau «retirer le mot Gestapo», cela n'a pas suffit. Les députés du groupe socialiste ont dénoncé un «atroce dérapage» et un incident «douloureux».

Réaction immédiate

Patrick Bloche a fait part de sa douleur, précisément. Celle de ne pas avoir connu sa grand-mère maternelle, envoyée à Auschwitz pendant la guerre. «Jamais nous n'avons assimilé le président de la République ou vous-même à un quelconque dictateur», a-t-il plaidé.

La majorité n'a pas osé dire qu'elle trouvait la déclaration de Bloche larmoyante, mais a levé les yeux au plafond. Et quand l'opposition a demandé une suspension de séance, le président de l'Assemblée a accordé dix minutes de pause. La séance a ensuite repris jusqu'à 23h30, dans le calme.