Madeleine Peyroux chante ses propres maux

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Qu'est-ce qui peut bien pousser une chanteuse de jazz à succès à prendre la plume pour composer ses propres chansons, alors qu'elle doit sa renommée à des reprises de standards ? « Si je veux être honnête avec moi-même, je dois avouer que c'est une histoire de deuil. La perte de mon père a sans doute déclenché ça en moi. »

Pour ce quatrième album, Bare Bones, Madeleine Peyroux chante donc, de sa voix toujours époustouflante, des mots à elle. Simplement belles, ses compositions perturberont peut-être, par leurs influences folk et pop, les adeptes d'un jazz bon teint. « Mon approche de la musique est jazzy, mais mon répertoire est devenu plus proche de la chanson. Le jazz a perdu le sens de la poésie des paroles depuis les années 1950. Moi, en tant que chanteuse, les mots m'importent. » En dévoilant ses états d'âme, la chanteuse renonce un peu à l'aura de mystère qui entoure sa carrière depuis qu'elle avait été portée « disparue » pendant sept ans après le succès de son premier album, Dreamland. « Mais le public aussi est très mystérieux », se défend la chanteuse avant de reconnaître que ce secret savamment entretenu était un bon argument marketing. « Je grandis et je mûris, comme tout le monde. J'ai appris à vivre et à savoir ce que je veux faire. J'apprends à être auteur et donc à en dire plus, à donner plus. » ■ B. C.