La vente des lunettes de Gandhi annulée

CULTURE Une histoire qui ressemble à celle de la vente des bronzes chinois de la collection Pierre Bergé...

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Le propriétaire américain des lunettes ayant appartenu au Mahatma Gandhi a annoncé jeudi qu'il acceptait de les donner à l'Inde, mais la vente aux enchères controversée semblait maintenue après le refus par New Delhi de cet accord de dernière minute.
Le propriétaire américain des lunettes ayant appartenu au Mahatma Gandhi a annoncé jeudi qu'il acceptait de les donner à l'Inde, mais la vente aux enchères controversée semblait maintenue après le refus par New Delhi de cet accord de dernière minute. — Don Emmert AFP/Archives

Après la polémique sur la vente des bronzes chinois de la collection Pierre Bergé - Yves Saint Laurent, une autre vente fait du bruit. Celle d’objets ayant appartenu à Gandhi: des lunettes, une paire de sandales en cuir, la montre de gousset, un plat et un bol.

Après avoir été annulée, la vente aux enchères organisée ce jeudi à New York par la maison Antiquorum Auctioneers a fini par trouver acquéreur.  Un homme d'affaires indien a acheté les lunetets et les autres objets pour 1,8 million de dollars malgré la tentative di propriétaire d'arrêter la vente.

New Delhi s'est activée pendant plusieurs jours pour rapatrier en Inde ces objets emblématiques de Gandhi, artisan du mouvement de désobéissance civile qui a abouti à l'indépendance de l'Inde en août 1947. Face au tollé, James Otis, le propritéaire des biens avait donc tout simplement préféré annuler. Et le feuilleton n'en était pas à ses premiers rebondissements.

Symétrie et écho


James Otis a déclaré avoir donné son feu vert pour les rendre aux autorités indiennes, à condition que New Delhi s’engage à augmenter ses dépenses de santé pour les pauvres et à organiser une exposition internationale de ces objets. Une proposition qui rappelle celle de Pierre Bergé qui, la semaine dernière, s’était dit «prêt à donner ces deux têtes (de bronze) à la Chine, tout ce que je demande à la Chine en contrepartie est de donner les Droits de l'homme, la liberté au Tibet et d'accueillir le dalai lama». Ce que la Chine n’avait pas digéré. «Enfreindre les droits culturels du peuple chinois au nom des Droits de l'homme, c'est tout simplement ridicule», avait déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Ma Zhaoxu.

De la même façon, l’offre de James Otis a été rejetée par New Delhi. «Gandhi lui même n'aurait pas accepté ces conditions», a déclaré Anand Sharma, un haut responsable du ministère des Affaires étrangères, selon l'agence d'informations indienne Press Trust of India (PTI). «Le gouvernement indien, qui représente le peuple souverain, ne peut pas entrer dans des négociations qui impliquent une allocation de fonds.»