L'honneur sauvé du soldat Ari Folman

Stéphane Leblanc

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Bien avant de remporter le césar du meilleur film étranger, la Valse avec Bachir d'Ari Folman avait mis la Croisette en état de choc. Le DVD du film, qui sort cette semaine, rappelle combien l'histoire de cet homme, qui servait son pays en 1982 au moment des massacres de Sabra et Chatila, avait « bouleversé Cannes », à l'exception notable de Sean Penn et de son jury. Mais plus que les récompenses ou les paillettes, c'est ce maelström de souvenirs entre fantasme et réalité qui fait de Valse avec Bachir un grand film, politique et poétique, cruel et cinglant.

L'ex-soldat israélien devenu réalisateur poursuit son combat en bonus. Défendant la liberté d'expression telle qu'elle règne dans un pays qu'il ne se gêne pas pour éreinter par ailleurs. Dénonçant la frilosité de ses financiers, réticents à dépenser autant d'argent pour une technique, l'animation, dont ils ne comprenaient pas l'utilité. Soulignant ses propres erreurs ou celles de son équipe, qui ont fait perdre de précieuses semaines de travail. Ari Folman n'a eu de cesse de se battre et de tenir bon. Les éditions Montparnasse ne pouvaient pas lui rendre plus bel hommage qu'en éditant le DVD de son film dans un coffret rigide - façon album de BD - des plus classieux, accompagné des dix premières planches de la version dessinée, qui paraît simultanément. ■