Les deux bronzes pourraient rester chez Pierre Bergé

ART Revue des procédures éventuelles si l'acheteur chinois ne versait pas l'argent des oeuvres qu'il a pourtant achetées un petit pactole...

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Deux antiquités chinoises devaient être vendues mercredi soir à Paris en dépit des protestations officielles de Pékin, au dernier jour de la dispersion de la collection d'art de Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, marquée par une pluie de de records.
Deux antiquités chinoises devaient être vendues mercredi soir à Paris en dépit des protestations officielles de Pékin, au dernier jour de la dispersion de la collection d'art de Yves Saint Laurent et Pierre Bergé, marquée par une pluie de de records. — François Guillot AFP/Archives

Que vont devenir les bronzes chinois de la collection Pierre Bergé-Yves Saint Laurent si l’acheteur Cai Mingchao ne les paie pas, comme il l’a déclaré? Il y a tout de même 31,4 millions d’euros (15,7 millions d’euros par tête) en jeu.
 
En cas de non paiement des deux pièces, l'une représentant un rat, l'autre un lapin, Pierre Bergé a assuré, sur France Info, qu’il les garderait chez lui: «Elles y étaient, elles y retourneront, et nous continuerons à vivre ensemble elles et moi.» Dans ce cas, la vente à l’acheteur chinois est déclarée nulle à l'échéance du mois suivant son adjudication initiale. Une procédure qui pourrait coûter cher à Cai Mingchao, car la maison d'enchères Christie’s pourrait alors le poursuivre en justice, avec demande de dommages et intérêts.

De sa poche

Pierre Bergé, qui mettait aux enchères la semaine dernière la vente dite «du siècle», a une autre solution: dans un délai d'un mois après l'adjudication, il peut lancer une procédure dite de la «folle enchère». Les deux bronzes seraient alors remis en vente aux enchères. Mais si le nouvel acheteur les obtient à un prix inférieur à 31,4 millions d’euros, le prix proposé par Cai Mingchao, celui-ci en sera de sa poche: il devra s'acquitter de la différence de prix entre la première et la seconde adjudication.
 
A ceux qui se demandent si Pierre Bergé va rendre les oeuvres d'art à la Chine, volées il y a près de 150 ans au Palais d'été de Pékin par les troupes franco-britanniques, la réponse est vraisemblablement non, sauf s'il voulait en faire donation. Le collectionneur français a fait comprendre qu’il n’était pas surpris par la polémique suscitée par la vente de ces deux bronzes. «Les Chinois depuis longtemps auraient fait n'importe quoi pour essayer de récupérer ces pièces, a-t-il rappelé. Ils n'ont pas pu les récupérer, donc j'imagine qu'ils ont fait pression sur un acquéreur éventuel pour ne pas les acheter.»