U2 élargit tous ses horizons

Boris Bastide

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Un vrai casse-tête pour les fans. Le nouvel album de U2, No Line on the Horizon, sort demain dans les bacs, dans pas moins de cinq formats. Outre le simple CD et le vinyle, les acheteurs pourront choisir une troisième version à 20 euros avec un poster et l'accès Internet à un film d'Anton Corbijn (Control) sur le groupe, une quatrième accompagnée d'un magazine de 60 pages pour 10 euros de plus, et à ceux qui seront prêts à mettre 50 euros, Bono & Co offriront carrément le coffret collector incluant le documentaire en DVD.

U2 est prêt à tout pour échapper à l'érosion des ventes de disques. Outre cette segmentation de l'offre, le groupe irlandais n'a organisé qu'une seule écoute de l'album à la presse, dans les locaux d'Universal, afin d'éviter tout risque de piratage. Manque de chance, son label australien a mis en ligne par erreur le disque, qui tourne depuis une semaine sur les plates-formes de téléchargement.

La démarche commerciale correspond bien à l'esprit éclectique de l'album. Rock agressif, ballades, titres engagés, touches électro, hymnes taillés pour les stades... No Line on the Horizon propose une agréable mise au goût du jour de tout ce que sait faire U2, sans jamais égaler les chefs-d'oeuvre du passé. Très produit, le disque fait l'effet de montagnes russes aux incessantes variations de rythmes. Couches de sons et effets de voix s'empilent, parfois à outrance. Au milieu de ce maelström, The Edge vole la vedette à Bono. Brillant dans tous les styles, le guitariste ajoute une patte unique à un album pourtant très axé sur le chant et les rythmiques. U2 lui doit beaucoup. ■